Loupé, une fois de plus. Le Maroc peut s'enorgueillir d'avoir des soutiens de poids un peu partout dans le monde dans l'épineux dossier du Sahara occidental. Parmi les nations acquises à la cause de Rabat il y a deux membres éminents du Conseil de sécurité de l'ONU, la France et le Royaume-Uni récemment. Mais à côté de ça le royaume chérifien a vu les USA tourner casaque, sans doute pour ne pas s'enferrer dans cette affaire vu que l'administration de Donald Trump lorgne l'Algérie, le premier soutien des indépendantistes sahraouis. Le plan marocain a enregistré dernièrement un autre revers et pas n'importe où : au Conseil de sécurité de l'ONU. Rien n'a changé sous le soleil, l'organe phare des Nations unies en reste à l'autodétermination des habitants du Sahara occidental pour sortir définitivement d'un conflit vieux de 50 ans. Le Conseil de sécurité de l'ONU a validé le 30 mai dernier à New York son rapport annuel dans lequel sont clairement posés les termes du règlement politique et pacifique du différend autour de ce territoire très disputé. Un processus « garantissant le droit à l'autodétermination« , martèlent les Etats membres. Dans son volet sur le dossier sahraoui, le document rappelle que le Conseil de sécurité a continué à mener des consultations semestrielles sur les développements dans ces territoires. L'assistance a entendu les exposés du représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU et patron de la Minurso, Alexander Ivanko ainsi que l'Envoyé personnel du SG pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura… Dans une partie du rapport il est mentionné que la voie royale pour trancher ce litige est celle qui donne droit au peuple sahraoui à l'autodétermination. Les membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont redit que « l'objectif d'une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable » pour le Maroc et le front Polisario passe par la mise en place de « conditions de l'autodétermination du peuple du Sahara occidental« . C'est dans cette optique que le Conseil a validé, le 31 octobre dernier, la résolution 2756, prolongeant le mandat de la Minurso jusqu'au 31 octobre 2025, souligne le rapport. La résolution avait été votée par 12 voix pour, 0 voix contre, 2 abstentions, un Etat membre n'a pas pris part à l'opération. Les ennuis ne sont pas terminés pour Rabat, à Washington certains donnent de la voix pour un soutien public au référendum d'autodétermination. Pas plus tard que cette semaine, John Bolton, l'ancien conseiller à la Sécurité nationale de Donald Trump, a signé une tribune dans se sens dans le Washington Times, publié mercredi 28 mai dernier. Il milite pour un changement de la posture des USA dans ce dossier… « La politique américaine concernant le Sahara occidental doit revenir à ses origines de 1991, en soutenant un référendum permettant aux Sahraouis de déterminer leur propre avenir« , lit-on. Le Maroc, adossé sur un puissant réseau diplomatique, est très doué pour convaincre ses partenaires de le suivre ; la dernière grosse prise en date est Londres. Autant vous dire qu'Alger n'a pas du tout apprécié. Mais voilà, tous ces succès ne pèsent pas lourd auprès des instances et juridictions internationales. A chaque fois que le dossier du Sahara occidental atterrit quelque part les indépendantistes obtiennent gain de cause… C'est arrivé le 4 octobre 2024 devant Cour de justice de l'Union européenne, un jugement martelé par la Commission européenne en mars 2025. Rabat n'a pas aimé, il a éructé, posé un ultimatum, peine perdue. Donc sur le plan de la stricte légalité internationale le « Schmilblick » de Sa Majesté Mohammed VI n'a pas avancé d'un iota en dépit du génie diplomatique incontestable des Marocains. En face l'Algérie pulse, du haut de son statut de membre non-permanent du Conseil de sécurité et de ténor au sein de l'instance dirigeante de l'Union africaine.
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