À la veille d'une série de discussions internationales tendues à Paris, le président américain Donald Trump a signé un décret doublant la surtaxe sur les importations d'acier et d'aluminium, portant les droits de douane à 50 %. La mesure est entrée en vigueur mercredi à 00h01 heure locale. Cette décision marque une nouvelle escalade dans la guerre commerciale engagée depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche. Le décret présidentiel justifie cette hausse par la nécessité de protéger la sécurité nationale. Il affirme que les droits imposés jusqu'ici, bien qu'ayant permis une certaine stabilisation des prix, n'ont pas suffi à garantir une utilisation suffisante des capacités de production pour répondre aux besoins de défense des Etats-Unis. L'acier et l'aluminium avaient déjà été ciblés dès le 12 mars par une surtaxe initiale de 25 %, dans le but affiché de relancer les investissements industriels sur le territoire américain. Désormais, ces mesures s'inscrivent dans une stratégie commerciale élargie, qui devrait concerner prochainement les produits pharmaceutiques et les semi-conducteurs, après avoir touché l'automobile. Il est à noter que seules ces taxes sectorielles ont résisté à une récente décision de justice, qui avait invalidé les droits de douane généralisés jugés trop flous dans leur application. Ce nouveau tour de vis tarifaire intervient à un moment clé : le représentant américain au Commerce (USTR), Jamieson Greer, est attendu à Paris pour rencontrer notamment le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic, en marge d'une réunion de l'OCDE. L'Union européenne a immédiatement fait savoir qu'elle se tenait prête à répliquer en cas de nouvelle surtaxe visant spécifiquement ses exportations. Le président Trump a déjà menacé l'UE de nouvelles hausses à 50 %, l'accusant de négocier de mauvaise foi. En parallèle, Greer rencontrera également ses homologues du Vietnam et de la Malaisie, d'autres partenaires commerciaux scrutés de près par Washington. Dans ce contexte tendu, la pause de 90 jours décidée après l'instauration de droits de douane dits « réciproques » arrivera à échéance le 9 juillet. Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison-Blanche, a rappelé mardi que des lettres ont été envoyées à tous les partenaires commerciaux pour souligner l'approche de cette date. En parallèle, une réunion des ministres du Commerce du G7 s'est tenue ce mercredi à 7h00 à la représentation canadienne à l'OCDE, en amont du sommet des chefs d'Etat prévu du 15 au 17 juin dans les Rocheuses canadiennes. « Nous devons parvenir à des solutions négociées rapidement, car le temps presse », a déclaré la ministre allemande de l'Economie, Katherina Reiche. De son côté, le ministre français délégué au Commerce extérieur, Laurent Saint-Martin, a souligné que ces droits de douane ne servent les intérêts d'aucune économie, y compris celle des Etats-Unis. L'OCDE prévoit désormais un net ralentissement de la croissance américaine, attendue à 1,6 % cette année, contre 2,4 % avant le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Une incertitude qui continue de peser lourdement sur les échanges mondiaux. Sur le front asiatique, les tensions avec la Chine demeurent. Washington accuse Pékin de retarder l'approbation des exportations de métaux rares, en violation d'un accord signé à Genève mi-mai. Néanmoins, le secrétaire adjoint au Trésor, Michael Faulkender, a affirmé que les négociations progressaient bien. La Maison-Blanche espère une discussion directe entre Donald Trump et Xi Jinping « probablement cette semaine », selon un communiqué diffusé mardi. Dans ce climat de confrontation commerciale mondiale, les prochaines heures à Paris pourraient être décisives pour tenter de rétablir un dialogue entre les grandes puissances économiques. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!