La société américaine Tesla traverse une des périodes les plus sombres de son histoire boursière. Depuis le début de l'année 2025, le géant des véhicules électriques a vu s'évaporer près de 380 milliards de dollars de sa capitalisation, passant de 1,3 trillion de dollars en janvier à 950,63 milliards de dollars au 6 juin, soit une chute de 29,3 % en seulement cinq mois. Il s'agit du pire recul annuel parmi les grandes entreprises mondiales pour l'instant. Cette perte vertigineuse intervient sur fond de conflit public et direct entre Elon Musk, patron emblématique de Tesla, et l'ancien président américain Donald Trump, désormais redevenu figure centrale de la scène politique américaine. Un clash à forts impacts boursiers La chute s'est accélérée après un échange houleux entre les deux hommes. Musk a violemment critiqué le nouveau projet de loi budgétaire proposé par Trump, baptisé « le grand et magnifique plan », qui prévoit notamment la suppression des incitations fiscales pour les véhicules électriques, un secteur clé pour Tesla. Dans une réaction cinglante, Trump a menacé de rompre les contrats publics avec les sociétés de Musk, notamment SpaceX, provoquant une panique immédiate chez les investisseurs. Résultat : l'action Tesla a perdu 14 % en une seule séance, soit 152 milliards de dollars de capitalisation partis en fumée, un record historique pour l'entreprise. Elon Musk, dans un message virulent publié sur X (ex-Twitter), a qualifié le projet de Trump de « monstruosité budgétaire », alertant sur un risque d'aggravation du déficit américain de 2 500 milliards de dollars en dix ans. En retour, Trump a rétorqué en qualifiant Musk de « fou dangereux », allant jusqu'à annoncer qu'il se séparerait de sa propre Tesla. Un impact sur la fortune de Musk et sur la stratégie de Tesla La guerre des mots a également eu des conséquences directes sur la fortune personnelle d'Elon Musk, qui a perdu 34 milliards de dollars en une journée, bien qu'il conserve la tête du classement mondial avec 334,5 milliards de dollars. Mais au-delà du conflit politique, Tesla fait face à des vents contraires structurels : un ralentissement de la demande mondiale pour les véhicules électriques, une concurrence accrue d'acteurs émergents en Chine et aux Etats-Unis, ainsi qu'une baisse marquée des ventes en Europe. Les résultats trimestriels publiés fin avril font état d'une chute de 71 % des bénéfices, accentuant l'inquiétude sur la santé de l'entreprise. Un poids toujours stratégique dans les marchés Malgré cette chute spectaculaire, Tesla reste la 11e entreprise mondiale en valeur boursière, preuve de son poids toujours considérable dans l'écosystème financier global. Mais les analystes s'accordent à dire que la prolongation du conflit Musk–Trump pourrait contaminer le marché au sens large, tant Tesla influence les indices boursiers majeurs. Certains estiment qu'une correction de 5 à 10 % des marchés américains pourrait survenir si la tension n'est pas rapidement apaisée, d'autant que Tesla est massivement représentée dans les portefeuilles des investisseurs particuliers. Une crise révélatrice des vulnérabilités du capitalisme technologique Cette affaire souligne avec acuité la sensibilité des grandes entreprises aux turbulences politiques, en particulier celles qui reposent sur le soutien fiscal ou réglementaire. Tesla, en tant que pionnière de l'énergie propre et de l'innovation technologique, apparaît aujourd'hui vulnérable à des décisions politiques prises au plus haut niveau. Alors que la présidentielle américaine se rapproche, l'avenir de Tesla semble suspendu non seulement à ses performances industrielles, mais aussi à l'issue d'un bras de fer entre deux figures colossales du paysage américain : l'homme d'affaires imprévisible et l'ex-président en quête de revanche. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!