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Hypocrisies de l'Europe – Les ventes d'armes israéliennes atteignent un record historique malgré les appels au boycott : l'Espagne et l'Irlande font figure d'exception
Alors que les critiques pleuvent sur Israël en raison de la guerre dévastatrice menée contre la population de Gaza, les exportations d'armement israéliennes n'ont jamais été aussi florissantes. Selon un rapport publié par Haaretz, Israël a enregistré en 2024 un nouveau record de ventes dans le secteur de la défense, atteignant 14,8 milliards de dollars, soit une hausse de 13 % par rapport à 2023. Et ce, malgré les discours indignés et les appels européens à cesser toute coopération militaire avec Tel-Aviv. Ce chiffre constitue le quatrième record annuel consécutif, à un moment où l'économie israélienne globale souffre pourtant d'un repli de 5,6 % de ses exportations. Les équipements militaires représentent désormais près de 10 % du total des exportations israéliennes. L'Europe en tête des importateurs Le paradoxe est frappant : 54 % des ventes d'armes israéliennes en 2024 ont été destinées à des pays européens, soit une valeur de 8 milliards de dollars, contre 35 % en 2023. Une augmentation que les analystes expliquent par la montée des tensions sécuritaires liées à la guerre en Ukraine et à la peur persistante d'une escalade russe. L'Europe, en quête de modernisation de ses défenses, se tourne donc massivement vers les technologies israéliennes, notamment les systèmes de défense aérienne comme le Dôme de fer ou le système David's Sling, qui représentent à eux seuls 48 % des exportations. Hypocrisie européenne Malgré une rhétorique politique affichée de soutien aux droits humains et à la paix, l'Union européenne — à l'exception notable de l'Espagne et de l'Irlande — continue donc de renforcer militairement Israël, pays accusé par de nombreuses ONG et experts internationaux de violations graves du droit humanitaire à Gaza. Madrid a récemment suspendu un contrat de 325 millions de dollars pour l'acquisition de missiles Spike, dénonçant leur utilisation dans des frappes sur des civils palestiniens. L'Irlande, quant à elle, a multiplié les déclarations et actes diplomatiques en soutien au peuple palestinien. En revanche, certains pays arabes, censés partager des solidarités historiques avec la cause palestinienne, continuent discrètement leur coopération militaire avec Israël. Le Maroc, par exemple, figure parmi les signataires des accords d'Abraham et aurait importé pour 1,8 milliard de dollars d'équipements militaires en 2024, soit 12 % du total des ventes israéliennes dans ce domaine. Une industrie en mutation La dynamique des exportations révèle également un changement dans la nature de la demande : les ventes vers l'Asie sont en forte baisse (3,4 milliards contre 6,3 en 2023), tout comme celles vers l'Amérique latine. En revanche, l'Europe s'impose comme la locomotive du marché israélien de la défense, avec une forte demande en systèmes défensifs, véhicules blindés (9 % des exportations), radars, satellites, drones et technologies de guerre électronique (8 % chacune). Malgré les critiques croissantes, l'industrie militaire israélienne continue donc de prospérer, portée par les tensions géopolitiques mondiales et le soutien, tacite ou assumé, de nombreux Etats. Une situation qui interroge sur la cohérence des politiques européennes en matière de droits humains et de relations internationales. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!