Un nouvel épisode de haute intensité dans la guerre qui oppose la Russie à l'Ukraine s'est joué dans la nuit de samedi à dimanche, avec des offensives croisées d'une ampleur inédite impliquant des dizaines de drones sur les deux territoires. Kyiv a annoncé avoir abattu 40 des 49 drones kamikazes envoyés par la Russie, tandis que Moscou affirme avoir neutralisé 61 drones ukrainiens dans plusieurs régions, y compris la capitale russe. Vagues d'attaques simultanées sur deux fronts Selon l'état-major ukrainien, les systèmes de défense ont réussi à intercepter la quasi-totalité des drones russes, visant en priorité les infrastructures énergétiques et militaires. Deux missiles de croisière et un missile antinavire ont également été lancés par Moscou, intensifiant encore la pression sur l'espace aérien ukrainien. Du côté russe, le ministère de la Défense a indiqué que les drones ukrainiens ont visé huit régions, dont Moscou, la Crimée, Briansk, Koursk et Toula. À Moscou même, neuf drones ont été détruits, selon le maire Sergueï Sobianine, qui a confirmé également l'interception d'une dixième ce dimanche matin. Conséquences civiles et perturbations À Tula, au sud de la capitale russe, des fragments de drones ukrainiens ont provoqué un incendie dans une usine chimique et fait deux blessés. En réponse, l'agence fédérale de transport aérien Rosaviatsia a annoncé la fermeture temporaire des aéroports de Vnoukovo et Domodedovo, deux des principaux hubs aériens de la région de Moscou. En Ukraine, le district de Dnipro a été particulièrement touché. Un raid aérien russe a tué au moins une personne à Mizyvska, tandis que la région de Nikopol a subi d'intenses bombardements à l'artillerie, aux drones et aux missiles Grad, causant des dommages aux réseaux électriques et à plusieurs habitations. Ces attaques surviennent dans un climat de blocage diplomatique, alors que l'échange d'otages initialement prévu cette semaine a été annulé. Chacune des parties accuse l'autre d'avoir saboté le processus. Analyse stratégique : vers une guerre aérienne d'usure asymétrique Les frappes réciproques par drones révèlent l'évolution rapide du conflit russo-ukrainien vers une guerre d'usure aérienne, menée à coups d'essaims de drones, à faible coût unitaire mais à fort impact stratégique et psychologique. La Russie continue d'exploiter sa supériorité en missiles de croisière, tandis que l'Ukraine démontre une capacité croissante à frapper en profondeur, jusqu'à la ceinture de sécurité de Moscou. Le blocage des aéroports russes, aussi temporaire soit-il, envoie un signal clair : le cœur économique et politique du pays n'est plus à l'abri. L'impact de ces attaques sur la perception de sécurité intérieure en Russie est considérable, y compris auprès des élites moscovites. D'un point de vue militaire, la multiplication des fronts – de la Crimée aux régions centrales russes – reflète une volonté ukrainienne de disperser les ressources russes, tout en maintenant la pression sur les lignes logistiques ennemies. Côté russe, l'intensification des frappes sur Dnipro et le sud est interprétée comme une tentative de freiner la capacité de projection offensive de Kyiv. Enfin, l'échec de la relance des échanges de prisonniers suggère un durcissement des positions politiques à l'approche de nouveaux cycles électoraux ou d'initiatives diplomatiques. Le risque d'une escalade incontrôlée — avec intervention plus visible d'armements de nouvelle génération ou cyberattaques — ne peut plus être écarté. Ainsi, l'évolution de la guerre en Ukraine illustre l'émergence d'une nouvelle doctrine tactique fondée sur les drones, la résilience énergétique et la guerre psychologique à distance. Cette dynamique interpelle directement les pays d'Afrique du Nord, y compris la Tunisie, sur la nécessité d'anticiper les conflits hybrides, de développer des capacités de surveillance aérienne, et de sécuriser les infrastructures critiques. La dépendance aux grands espaces aériens internationaux, désormais vulnérables même loin du front, appelle aussi à une révision des doctrines de sécurité nationale dans un monde multipolaire, instable et technologiquement disruptif. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!