À Haute-Garonne en France, une boucherie halal appartenant à Khaled Belhaj, citoyen franco-marocain, a été la cible de deux actes racistes consécutifs, peu après la fête de l'Aïd. Sur la vitrine du commerce, un message explicite et choquant a été inscrit : « Les cochons en France, les Arabes dehors ». Une inscription qui réveille les pires relents de haine raciale et religieuse. La gendarmerie est rapidement intervenue pour constater les faits. Mais à peine 24 heures plus tard, le commerce était de nouveau visé. Deux actes en deux jours, dans un climat de tensions croissantes. Khaled Belhaj s'est exprimé publiquement via Facebook et TikTok pour dénoncer l'attaque : « Ce n'est pas seulement notre commerce qui a été visé, mais une communauté, une identité, une manière de vivre en paix ». Il a également alerté sur la banalisation des discours de haine, appelant à la vigilance collective : « Si on ne dit rien, ça continue ». Par mesure de précaution, le couple a retiré la mention « halal » de la vitrine et déposé plainte. Une enquête a été ouverte. La peur, elle, s'est installée : « J'ai peur maintenant qu'ils aillent plus loin, qu'ils dégradent la boutique, ou pire, qu'ils agressent les employés ou les clients », a-t-il confié. Un climat d'hostilité qui se généralise Ce n'est pas un cas isolé. Il y a à peine deux semaines, un homme de 28 ans a été condamné à deux ans de prison avec sursis pour avoir inscrit des slogans racistes tels que « Sale race » ou « Free France » sur une boucherie halal et une mosquée à La Roche-sur-Foron, en Haute-Savoie. Ces actes s'inscrivent dans une vague préoccupante de menaces, d'agressions et de dégradations ciblant les lieux de culte musulmans, les commerces communautaires, et plus largement les citoyens perçus comme musulmans. Une forme d'intimidation croissante, particulièrement visible en période de tensions internationales ou après certaines fêtes religieuses. Analyse et réflexions Ce nouvel acte islamophobe interpelle sur plusieurs niveaux. D'abord, il met en lumière la vulnérabilité des citoyens issus des minorités face à un climat d'intolérance croissant. Ensuite, il soulève des questions sur l'efficacité des dispositifs de protection mis en place pour garantir leur sécurité. Il est aussi révélateur d'un glissement du discours public, où les amalgames entre religion, origine et sécurité nationale nourrissent un terreau favorable à la haine ordinaire. Face à cela, la société française, attachée à ses valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité, est confrontée à un défi majeur : celui de ne pas laisser s'installer une forme de violence insidieuse, trop souvent minimisée ou relativisée. Les actes de haine ne sont jamais anodins. Ils fragmentent le tissu social et sapent la confiance entre citoyens. Plus qu'une alerte, cette affaire doit servir de signal fort pour renforcer les politiques de prévention, éduquer à la tolérance dès le plus jeune âge, et faire preuve de fermeté face à toute forme de racisme. Deux poids, deux mesures dans le traitement médiatique Ce qui choque tout autant que l'acte en lui-même, c'est le silence assourdissant des médias français. Aucun plateau télé, aucun débat en prime time, ni même un simple bandeau d'information n'a été consacré à cet acte islamophobe pourtant grave et répété. Une absence qui contraste fortement avec la couverture massive que suscitent, à juste titre, d'autres actes de haine lorsque les auteurs sont supposés issus de l'immigration. Ce silence médiatique alimente le sentiment d'injustice et de deux poids, deux mesures. Il est légitime de s'interroger : si une boucherie non musulmane avait été ciblée par un message à connotation religieuse ou ethnique, aurait-on vu un tel mutisme ? Probablement pas. Cette asymétrie dans la réaction publique et médiatique contribue à banaliser l'islamophobie et à invisibiliser les souffrances vécues au quotidien par une partie de la population française. En conclusion, ces agressions ne doivent pas être banalisées. Elles exigent une réaction ferme, institutionnelle et citoyenne, pour que la promesse républicaine soit une réalité pour tous. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!