L'opposition israélienne a échoué, ce jeudi 12 juin 2025, à faire adopter un projet de loi visant à dissoudre la Knesset et provoquer des élections anticipées, maintenant ainsi le gouvernement de Benjamin Netanyahu en place malgré les tensions politiques et les critiques croissantes liées à la guerre contre Gaza. Selon la chaîne israélienne Channel 14, 61 députés ont voté contre la proposition de dissolution du Parlement, empêchant ainsi le projet de passer. Une défaite pour les partis d'opposition emmenés par Yesh Atid de Yair Lapid et Israël Beitenou d'Avigdor Lieberman, qui avaient formellement présenté la demande de vote le 4 juin, avec un scrutin prévu pour le 11 du mois. L'armée, ligne rouge de la coalition Ce revers s'explique notamment par l'opposition décisive des partis ultraorthodoxes, les harédim, membres clés de la coalition gouvernementale. Ces derniers ont rejeté la proposition de dissolution après que le président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense, Yuli Edelstein, a annoncé des « avancées initiales » sur la question sensible du projet de loi sur le service militaire obligatoire. La question du recrutement des harédim, traditionnellement exemptés de service, reste un point de friction majeur. L'opposition accuse Netanyahu de céder à leurs exigences – portées par les partis Shas et Yahadout Hatorah – pour maintenir la stabilité de sa fragile majorité parlementaire. Une guerre devenue politique ? La tentative de dissolution intervient dans un climat politique délétère, alors que la guerre à Gaza, débutée le 7 octobre 2023, continue de diviser l'opinion publique. Le chef du Parti démocratique israélien, Yair Golan, a qualifié le conflit de « guerre sans justification », accusant Netanyahu de la prolonger à des fins de survie politique, alors qu'il est visé par des poursuites à la Cour pénale internationale. Malgré les appels internationaux à cesser les hostilités et les ordres de la Cour internationale de justice, les opérations militaires israéliennes dans l'enclave palestinienne se poursuivent, faisant des milliers de morts et de déplacés, sous l'œil critique d'une partie croissante de la population israélienne. Un calendrier électoral gelé... pour l'instant Les dernières élections générales en Israël ont eu lieu fin 2022. En l'absence de dissolution anticipée, les prochaines élections ne sont prévues que pour la fin de l'année 2026. Pour l'opposition, chaque session parlementaire devient donc une nouvelle tentative de déstabilisation, dans l'espoir de provoquer un retour aux urnes avant l'échéance légale. Mais en conservant la cohésion de son bloc, notamment grâce aux compromis sur les lois sensibles, Benjamin Netanyahu démontre qu'il reste, pour l'instant, maître du jeu parlementaire. Ainsi, l'échec de la tentative de dissolution du Parlement confirme la solidité relative du gouvernement Netanyahu, malgré la pression intérieure et internationale. Entre guerre prolongée, tensions religieuses et manœuvres parlementaires, Israël reste plongé dans une instabilité politique de fond, où le statu quo semble désormais plus probable que le changement. Reste à savoir combien de temps encore cette coalition pourra contenir les fractures d'une société en état de crise prolongée. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!