Les autorités de tutelle s'emploient à évaluer la performance des acteurs publics du secteur de l'habitat, dans le but d'anticiper les besoins des citoyens et de garantir un logement décent à toutes les catégories sociales. Et ce, malgré les nombreuses réformes institutionnelles et législatives mises en place pour favoriser le développement, renforcer la cohésion sociale et assurer une bonne qualité de vie. Le secteur du logement continue en effet de faire face à plusieurs défis majeurs, notamment la croissance de la demande, la flambée des prix de l'immobilier et l'expansion urbaine incontrôlée. Un programme national pour la construction de logements sociaux Dans ce contexte, et dans le cadre de la mission sociale de l'Etat, un programme officiel a été lancé pour la construction de logements sociaux. Initié dans le cadre de la politique gouvernementale visant à offrir un logement adéquat à certaines franges de la population, ce programme prévoit la réalisation de 13 400 unités de logement réparties en deux phases, avec un financement avoisinant les 1,038 milliard de dinars, provenant de divers bailleurs de fonds ainsi que du budget de l'Etat. À cet égard, le ministre de l'Equipement et de l'Habitat, Salah Zouari, a annoncé qu'un appel d'offres sera lancé avant la fin de 2025 pour la deuxième phase du programme de logements sociaux, laquelle prévoit la construction de 3 100 unités, tandis que la première phase devrait être achevée. Lors d'une séance de dialogue avec les membres du Conseil national des régions et des districts, le ministre a souligné que cette initiative, qui s'inscrit dans le cadre du programme spécifique de logement social, a enregistré une avancée significative sur le plan de sa mise en œuvre. Avancées et défis dans la mise en œuvre Le ministre a précisé qu'environ 4 537 logements ont déjà été remis, et que 1 100 unités sont prêtes à être livrées dans l'attente de la finalisation de la liste des bénéficiaires. En revanche, quelque 2 681 unités sont encore en cours de réalisation. Cette phase du programme comprend la construction de 8 372 logements pour un coût estimé à 588 millions de dinars. Réformes réglementaires et intégration du secteur privé Les travaux se poursuivent à un rythme soutenu pour revoir les lois encadrant l'activité de promotion immobilière, renforcer la synergie entre les secteurs public et privé en matière de logement, et accorder davantage d'incitations en faveur du logement social. Parmi les réformes clés, figure le remplacement des autorisations traditionnelles par des cahiers des charges pour les promoteurs immobiliers. Cette évolution réglementaire s'est accompagnée d'une hausse significative du nombre de promoteurs agréés. À la fin de l'année 2024, le nombre de promoteurs immobiliers autorisés par le ministère de l'Equipement et de l'Habitat s'élevait à 3 429. Contexte historique et principaux acteurs publics Depuis l'indépendance, la Tunisie a mis en œuvre différentes politiques de logement qui ont été révisées à plusieurs reprises. Ces politiques ont conduit à la création de nombreuses institutions publiques spécialisées dans le logement et l'aménagement urbain. Parmi les principaux acteurs publics du secteur figure la Société Nationale Immobilière de Tunisie (SNIT), créée en 1957, première institution publique chargée de la réalisation et du financement de projets de logement destinés à différentes couches sociales. Sont également à citer l'Agence Foncière d'Habitation (AFH), créée en 1973 pour mettre à disposition des terrains constructibles et réguler le marché foncier ; la Société de Promotion des Logements Sociaux (SPROLS), fondée en 1977 pour développer des logements locatifs abordables destinés spécifiquement aux catégories sociales à faibles revenus ; ainsi que l'Agence de Réhabilitation et de Rénovation Urbaine (ARRU), créée en 1981 pour mettre en œuvre la politique de l'Etat en matière de réhabilitation et de renouvellement urbain. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!