C'est une décision aussi symbolique que rare dans l'histoire de la République française : Nicolas Sarkozy a été officiellement exclu de la Légion d'honneur, selon un arrêté publié ce dimanche 16 juin 2025 au Journal officiel. L'ancien président de la République (2007-2012), condamné à un an de prison ferme pour corruption dans l'affaire dite des « écoutes », perd également son appartenance à l'ordre national du Mérite. Cette radiation, prévue par la loi, intervient à la suite du rejet définitif de son pourvoi en cassation en décembre dernier. Elle fait de Nicolas Sarkozy le deuxième chef de l'Etat français à être déchu de cette distinction honorifique, après Philippe Pétain, condamné en 1945 pour haute trahison. Une condamnation désormais irrévocable L'ex-président a été reconnu coupable en 2021, puis en appel, d'avoir tenté de corrompre un magistrat de la Cour de cassation, Gilbert Azibert, avec l'aide de son avocat Me Thierry Herzog, afin d'obtenir des informations confidentielles sur une autre procédure judiciaire le visant. Tous trois ont été condamnés à trois ans de prison, dont un an ferme. Avec l'épuisement de toutes les voies de recours, l'exclusion de la Légion d'honneur est devenue automatique, comme le prévoit le code de la Légion d'honneur pour toute condamnation définitive à une peine égale ou supérieure à un an de prison ferme. Le général François Lecointre, Grand chancelier de la Légion d'honneur, a signé l'arrêté daté du 5 juin 2025, actant la radiation de Nicolas Sarkozy des deux ordres nationaux. Ses deux co-prévenus, Azibert et Herzog, sont également concernés par cette mesure. Un geste qui divise la classe politique Cette décision, bien qu'attendue, a ravivé les tensions politiques, notamment dans les rangs de la droite française. Plusieurs personnalités proches de l'ancien président ont dénoncé un « acharnement judiciaire », alors que le président Emmanuel Macron lui-même avait exprimé des réserves en avril dernier, estimant publiquement que « ce ne serait pas une bonne décision ». Pourtant, les règles sont claires : le retrait est de droit, sans nécessiter d'appréciation subjective, une volonté confirmée par les services de la chancellerie. Une succession d'affaires judiciaires L'affaire des écoutes n'est qu'un volet des nombreux dossiers judiciaires pesant sur Nicolas Sarkozy. Il a comparu début 2025 dans le cadre du supposé financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, une affaire hautement sensible et médiatisée. Le verdict est attendu pour septembre 2025. Malgré sa mise à l'écart du paysage politique institutionnel, Nicolas Sarkozy continue d'exercer une influence importante au sein de la droite française, notamment dans la perspective des élections européennes et présidentielles à venir. Cette exclusion de la Légion d'honneur marque toutefois un tournant symbolique, soulignant la volonté de faire respecter l'intégrité morale de l'une des plus prestigieuses distinctions de la République, quel que soit le rang ou le passé du récipiendaire. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!