Un tournant inattendu vient de marquer la caravane maghrébine de solidarité « Soumoud », partie depuis plusieurs jours en direction de la bande de Gaza via le territoire libyen. Quinze de ses membres — tunisiens, libyens et algériens — ont été interpellés par les forces de l'Est libyen, alors qu'ils tentaient de franchir la zone stratégique de Syrte, à mi-chemin entre l'ouest et l'est du pays. Le porte-parole officiel de la caravane, Wael Nawar, a déclaré ce lundi 17 juin, dans une intervention en direct sur Al Jazeera, que les membres restants de la caravane refusent de rentrer en Tunisie tant que les 15 militants ne seront pas libérés. Un sit-in a été entamé dans la zone de Bouirat El Hassoun, à l'ouest de Syrte, pour protester contre leur détention. « Nous sommes toujours là, sur le sol libyen, à Bouirat. Notre solidarité est entière. Tant que nos camarades ne sont pas libérés, aucun retour en Tunisie n'est envisagé », a insisté Wael Nawar, visiblement déterminé à maintenir la pression sur les autorités locales. Blocage sécuritaire à Syrte : une frontière invisible Selon la Coordination de l'action conjointe pour la Palestine, organisatrice du convoi humanitaire, les autorités militaires de l'Est libyen ont catégoriquement refusé d'autoriser la traversée vers Syrte, prétextant l'absence d'un feu vert sécuritaire indispensable. Ce refus met ainsi fin, du moins temporairement, à la progression de la caravane, alors que les participants espéraient rallier rapidement l'Egypte, puis la bande de Gaza. Ce blocage révèle une réalité géopolitique complexe en Libye, pays encore divisé entre deux pouvoirs rivaux : le gouvernement d'unité nationale basé à Tripoli et les forces armées contrôlées par le maréchal Khalifa Haftar à l'est. La ville de Syrte, située sur la ligne de fracture, est devenue un point de tension majeur et un obstacle imprévisible pour les initiatives de solidarité transfrontalières. Un enjeu régional et humanitaire Le convoi Soumoud, composé de bénévoles, de médecins et de militants de la société civile venus de Tunisie, d'Algérie et de Libye, avait pour objectif d'acheminer une aide symbolique et un message fort de soutien au peuple palestinien, en pleine guerre dans la bande de Gaza. La mobilisation, largement suivie sur les réseaux sociaux, incarne une solidarité populaire maghrébine qui transcende les frontières. Mais cette arrestation de 15 personnes met en lumière les risques de fragmentation sécuritaire en Libye et la vulnérabilité des initiatives civiles face aux jeux d'intérêts régionaux. Aucun détail n'a été fourni par les forces de l'Est sur le lieu de détention exact ni sur les motifs officiels de l'arrestation. Les prochains jours seront décisifs : entre bras de fer diplomatique et résilience militante, l'issue de cette crise pourrait avoir un retentissement bien au-delà des frontières libyennes. À suivre sur Tunisienumerique.com : nous continuerons à couvrir cette affaire en contact direct avec les membres de la caravane et les autorités concernées. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!