Alors que l'on pourrait croire qu'en Israël, la haute technologie, la cybersécurité ou les startups de l'intelligence artificielle sont les secteurs les plus dynamiques de l'année, une nouvelle profession a pris tout le monde de vitesse en termes de demande : réparateur de vitrages et d'aluminium. Oui, vraiment. Le métier de vitrier-menuisier est devenu en l'espace de quelques semaines le plus recherché du pays, selon un reportage publié par le quotidien israélien Maariv. L'effet « missile » sur le marché du travail Avec les salves de missiles iraniens qui ont visé plusieurs villes israéliennes, causant des dégâts matériels estimés à près de 2 milliards de shekels, il fallait bien s'attendre à ce que certaines professions reprennent des couleurs. C'est désormais chose faite pour les artisans du verre et de l'aluminium, qui se retrouvent assiégés de demandes, au point que les délais d'intervention explosent. Selon les témoignages recueillis, les appels affluent de jour comme de nuit. « Plus de vitres que de dômes ! », ironise un artisan de Tel Aviv. Les commandes ne cessent de s'empiler, tout comme les éclats de verre dans les rues des quartiers touchés. Il ne manque plus que le label « secteur stratégique prioritaire » pour ces métiers hier encore jugés désuets. D'un coup, les vitres deviennent un luxe Alors que les maisons intelligentes connectées peinent à résister aux explosions, les vitres double vitrage et les cadres en aluminium sont devenus l'équivalent local de l'or noir. Les prix flambent, les stocks s'épuisent, et les rendez-vous s'obtiennent désormais à plus d'un mois. On raconte même que certains ont tenté de soudoyer des vitriers pour passer en priorité. Le Ministère de l'Economie israélien envisagerait même, selon Maariv, de faciliter les procédures d'importation de matériaux de construction, tant la demande a dépassé l'offre locale. Une reconversion qui en dit long À l'heure où les développeurs web se retrouvent en télétravail sous alerte rouge, de nombreux jeunes israéliens songeraient à changer de carrière. Fini les bootcamps en JavaScript : place aux formations express en coupe-verre, pose de cadres et étanchéité anti-souffle. Un artisan de Haïfa aurait même lancé une application appelée « Glaz », pour commander des réparations comme on appelle un taxi. Plus qu'un simple effet conjoncturel, cette explosion de la demande dans les métiers du petit BTP reflète l'évolution d'une économie de guerre qui s'installe dans la durée. À défaut d'une paix durable, l'entretien et la réparation des dommages deviennent le nouveau moteur de l'emploi. Ironie du sort : c'est en cassant des vitres qu'on relance l'activité, comme dirait Frédéric Bastiat… Et à ce rythme-là, la prochaine start-up nation ne sera peut-être pas dans le code, mais dans le mastic. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!