Au neuvième jour du conflit entre Israël et l'Iran, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré avoir éliminé Saïd Izadi, le chef du « Filière Palestine » au sein de la Force al-Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique. Selon Katz, Izadi entretenait des liens étroits avec les groupes armés Hamas et Jihad islamique, et jouait un rôle clé dans leur financement et leur armement. Cette élimination survient dans un contexte d'escalade intense, alors que l'Iran a lancé une 18e vague de missiles et de drones visant notamment l'aéroport Ben Gourion et des sites militaires israéliens. Répliques iraniennes : drones, missiles et attaque sur le site nucléaire d'Esfahan Téhéran a riposté dans la nuit de vendredi à samedi, lançant une salve coordonnée de missiles balistiques et de drones Shahed 136. Les explosions ont retenti dans plusieurs villes israéliennes, notamment à Tel-Aviv, Haïfa et Jérusalem, provoquant des incendies et des dégâts matériels significatifs. En réponse, Israël a frappé plusieurs cibles en Iran, dont deux installations de centrifugeuses à Esfahan. Les autorités iraniennes, tout en reconnaissant les attaques, ont assuré qu'aucune fuite radioactive ne s'était produite. Des explosions ont également été signalées à Téhéran et Karaj, où des systèmes de défense aérienne ont été activés. Le ministère iranien de la Santé a annoncé que 430 personnes ont perdu la vie depuis le début de l'offensive israélienne, avec plus de 3 500 blessés, dont une majorité de civils. À Qom, un bombardement israélien a fait deux morts et quatre blessés, dont un adolescent de 16 ans. Du côté israélien, la ville de Beït Shéan a été durement touchée par des drones iraniens. Les autorités israéliennes recherchent encore des personnes coincées sous les décombres. Le centre de Tel-Aviv a subi des dégâts importants selon un officier cité par Yediot Aharonot, évoquant une scène de guerre. Washington dans l'ambiguïté, Moscou met en garde Le président Donald Trump, dans une déclaration attendue, a affirmé ne pas avoir encore décidé de l'engagement militaire des Etats-Unis dans ce conflit. Il a toutefois laissé un ultimatum de deux semaines à Téhéran pour « revoir sa stratégie ». Dans le même temps, la Russie, par la voix de Vladimir Poutine, a réitéré qu'aucune preuve ne prouve que l'Iran cherche à se doter de l'arme nucléaire. Moscou a appelé à éviter toute action qui pourrait déstabiliser davantage le Moyen-Orient. Diplomatie gelée et tensions régionales Le climat diplomatique reste glacial. L'Iran refuse tout contact direct avec Washington tant que les attaques israéliennes se poursuivent. Des efforts de médiation à Genève ont été évoqués, mais les négociations piétinent. La Grande-Bretagne, la Turquie et Oman auraient proposé leur médiation. Par ailleurs, la population américaine en Israël fait l'objet d'une évacuation progressive. Le Département d'Etat a annoncé avoir évacué 79 diplomates et familles, tandis que des centaines d'Américains demandent des informations sur les vols de rapatriement. Vers une guerre d'usure ou un basculement régional ? L'élimination ciblée de figures militaires comme Saïd Izadi et Behnam Shahriari s'inscrit dans une stratégie israélienne de « neutralisation de la chaîne logistique » des réseaux pro-iraniens. Toutefois, la capacité de riposte de l'Iran, malgré les pertes, reste intacte. Téhéran a notamment modifié sa doctrine en passant d'une logique quantitative à une précision qualitative, visant des infrastructures sensibles. Le risque d'un engrenage est manifeste. L'Iran semble prêt à soutenir une guerre longue, misant sur l'usure militaire, psychologique et économique d'Israël. En face, le gouvernement Netanyahu espère encore l'implication directe des Etats-Unis, mais la réticence de Trump fragilise cette perspective. Au-delà des cibles militaires, les deux camps instrumentalisent également les opinions publiques et cherchent à imposer une nouvelle architecture sécuritaire dans la région. Si la guerre se prolonge sans issue diplomatique, elle pourrait créer un précédent dangereux, redéfinissant les lignes rouges nucléaires, entraînant d'autres puissances comme la Turquie ou la Russie, et remodelant les équilibres du Moyen-Orient pour une génération. À suivre sur tunisienumerique.com : évolutions diplomatiques, réactions internationales, et impact sur la région MENA. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!