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Iran : Trump et Netanyahu évoquent publiquement Dieu pour justifier le pire, ce qu'ils ne disent pas…
Publié dans Tunisie Numérique le 02 - 01 - 2026

« Le plus fort n'est jamais assez fort pour être toujours le maître, s'il ne transforme sa force en droit et l'obéissance en devoir », a écrit le brillant philosophe Jean-Jacques Rousseau en 1762. Le président américain, Donald Trump, n'a pas lu Rousseau, ne s'est pas imprégné de ses lumières, d'ailleurs il n'a rien lu de sa vie, pas même la Bible. Georges W. Bush au moins avait lu l'Evangile, bon cela ne l'a pas empêché de plonger le monde dans les affres que l'Humanité traîne encore et que Trump pourrait très bien rééditer en Iran. Le droit dont Rousseau parlait Washington s'est assis dessus en bombardant massivement les installations nucléaires iraniennes sur la seule base des cauchemars d'Israël depuis 45 ans.
Une guerre déclenchée sans preuve formelle, les coupables on les connait
Cette guerre Trump en est le premier responsable, lui qui a déchiré en 2018 les Accords de Vienne sur le nucléaire iranien, que son prédécesseur Barack Obama avait arrachés en 2015 après des années de labeur. Trump les a enterrés parce que c'est un démocrate qui les a initiés, donc ils étaient forcément mauvais. C'était le seul motif, il n'y en avait pas d'autre. Et qu'a-t-il fait après avoir sabré le volumineux travail d'Obama ? Il a fait pleuvoir sur l'Iran des sanctions draconiennes que rien ne justifiait, des sanctions qui s'ajoutèrent à des décennies d'étranglement économique et financier.
Et après ça Israël et les USA s'étonnent que Téhéran, qui n'était plus lié par aucun accord international, n'accélère l'enrichissement de son uranium. Mais même après ça le régime iranien n'a jamais dit formellement qu'il sortirait du cadre du nucléaire civil, les inspections de l'AIEA n'ont pas établi que Téhéran a menti sur ce point. Et d'ailleurs la directrice du Renseignement a déclaré sous serment devant le Congrès américain que les Iraniens étaient loin de la bombe atomique. Elle avait ajouté que même s'ils en ont les capacités techniques l'Ayatollah Ali Khameini, qui valide tout, n'en a pas donné l'instruction.
Quand une journaliste a mis ça à la face de Trump il a répliqué « je me fiche de ce que dit la directrice du renseignement… ». Le républicain avait déjà tourné casaque, lui qui était en train de négocier avec Téhéran et avait insisté pour qu'Israël ne sabote pas en attaquant. C'était sans compter sur l'agenda personnel du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Cette guerre n'est pas celle des USA, ils n'auraient jamais dû y entrer. Trump a vu l'opportunité d'une victoire « facile » en Iran, après que Tsahal a paralysé plus de la moitié de la défense aérienne iranienne, il a foncé.
Il a foncé parce que depuis son retour à la Maison-Blanche il enchaîne les déroutes : Sur les indicateurs macro-économiques, sur l'inflation, sur les droits de douane qui étaient censés remplir les coffres des Etats-Unis et rogner un déficit public de plus de 31 400 milliards de dollars, sur la guerre en Ukraine qu'il avait promis d'éteindre en « 24 heures« , etc. Que des revers pour le président américain, partout. Il lui fallait un triomphe, quelque part, n'importe quoi. Ce sera l'Iran et son programme nucléaire auquel on colle tous les maux.
« Make Iran Great Again » clame Trump, attention…
Si Téhéran a commis une erreur historique c'est cette perche tendue à Netanyahu et Trump. A force de crier matin, midi et soir – surtout l'Ayatollah Khamenei dans ses prêches du vendredi – qu'ils allaient détruire Israël ce dernier a fini par se dire qu'il tient un prétexte pour semer mort et désolation au Moyen-Orient, comme Netanyahu l'avait dit dès le 7 octobre 2023, date à laquelle le Hamas a attaqué l'Etat hébreu. « Remodeler en profondeur le Moyen-Orient » pour débarrasser Israël des ennemis qui l'entourent (le Hezbollah, le Hamas, la Syrie de Bachar al-Assad, les Houthis du Yémen et pour finir leur parrain, l'Iran)…
Le scénario était écrit depuis des années, les intentions prêtées aux Mollahs sur l'arme atomique en seront le déclencheur. Après ça manipuler un président fantasque et versatile comme Trump a été un jeu d'enfant pour Netanyahu. Ce dernier qui au passage noie dans le chaos iranien ses graves manquements autour de l'attaque du 7 octobre et ses compromissions avec le Hamas. Des années de prison en perspective. Mais s'il arrive à offrir à ses concitoyens le scalpe des Mollahs, voire celui de leur chef Khamenei, il y aura peut-être moyen de négocier l'absolution de ses péchés, et peut-être même un statut de Héros national. Qui sait.
Ça c'est ce que se dit le Premier ministre israélien. Trump aussi se dit la même chose. Lui aussi l'appétit lui est venu en mangeant. Après le bombardement des sites nucléaires iraniens son secrétaire à la Défense a dit publiquement que les USA ne sont pas en guerre contre l'Iran et qu'il n'est pas question de pousser vers un changement de régime. Dans la même soirée le président américain a joué la musique du renversement de l'Ayattolah : « Make Iran Great Again » (MIGA). Lui qui n'a pas pu ou su « rendre à l'Amérique sa Grandeur » prétend faire le bonheur des Iraniens…
On en est là. Et pour donner à cette funeste idée une dimension prophétique Trump l'a enrobée avec Dieu. Il a remercié le Seigneur, qui aurait guidé « la mère des bombes » vers les sites d'Ispahan, Natanz et Fordo. Le républicain a évoqué et invoqué Dieu, lui qui a été réélu avec un statut de repris de justice, lui qui est revenu à la Maison-Blanche avec une étiquette de condamné pour moult entorses à loi, sur fond d'histoires scabreuses avec une star de films pornographiques. Elle est belle l'Amérique.
Le conflit a commencé en 1979 pour la Palestine, elle se terminera avec elle
Netanyahu aussi a brandi Dieu devant les caméras, flanqué de deux Rabbins, tout ce beau monde a béni et prié pour Trump, pour les tonnes de bombes qu'il a larguées sur les sites iraniens. Dieu alors que Netanyahu est englué dans des affaires de corruption qui pourraient lui valoir des années de prison. Le même Dieu – le même pour les musulmans, les chrétiens et les juifs – qu'avait dégainé en 1979 le fondateur de la République islamique d'Iran, l'Ayatollah Ruhollah Khomeini, pour justifier la destruction de l'Etat d'Israël, au motif qu'il occupe les troisièmes lieux saints de l'Islam et les terres des Palestiniens…
Comme Trump a oublié les chaos afghan, irakien et libyen, tous semés par les Américains, Netanyahu fait mine d'oublier que si l'Iran a fait d'Israël un éternel ennemi c'est parce que l'Etat hébreu colonise, assassine et bouche tous les horizons des Palestiniens. C'est cela la raison originelle des horreurs que trimbale le Moyen-Orient. Certes le premier ennemi du régime iranien c'est son propre peuple, sa propre jeunesse, massacrée pour un foulard mal mis, pour des mots de trop, pour une aspiration à la liberté et à la démocratie, mais les Iraniens n'ont jamais demandé qu'on les libère à coups de bombes.
Certes tous cet argent que les Mollahs injectent dans leur programme nucléaire aurait pu bâtir des écoles, des routes, des hôpitaux, aurait pu élever le niveau du pays. Mais rien ne justifiera les crimes de Netanyahu et de Trump. Le Proche et le Moyen-Orient sont entrés dans le long tunnel quand les problèmes des Palestiniens ont commencé, on n'en sortira que quand la Palestine aura recouvré ses droits. Tout le reste n'est qu'enfumage, au service des intérêts géostratégiques des uns et des autres.

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