On l'a vue venir la vague, avec une montée en puissance dans les médias, qui raffolent de l'ancien Premier ministre et ancien chef de la diplomatie, Dominique de Villepin. On l'a vu dans les assauts contre le président Emmanuel Macron, contre son ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, contre les leaders européens, contre le président américain, contre le gouvernement israélien, etc. À 71 ans de Villepin pulse et a envie d'en découdre, de descendre sur le terrain, de secouer la France et le vieux continent, il vient de faire un grand pas de plus vers l'élection présidentielle de 2027. Ceux qui pointaient le fait que l'ancien Premier ministre ne soit adossé sur aucune formation politique dans la perspective de cette joute électorale tomberont de haut : « La France humaniste » existe officiellement depuis hier lundi 23 juin. De Villepin en sera le président d'honneur. «J'ai décidé de créer un mouvement d'idées, de citoyens, à travers la création d'un parti politique», a-t-il dit dans un entretien avec Le Parisien, indiquant qu'il s'agissait d'un «mouvement ouvert à tous» qui a déjà «plusieurs dizaines d'implantations locales»… Donc l'ancien Premier ministre a travaillé vite et en catimini, lui qui jusqu'au 19 juin confiait qu'il n'a pas encore arrêté sa décision sur la présidentielle. «Nous avons besoin de rassembler tous les Français pour défendre la justice sociale et l'ordre républicain», a-t-il ajouté. Fustigeant une «logique de surenchère permanente» de la part des politiques, il déclare qu'il a repris du service pour que les citoyens ne soient pas «prisonniers d'un clivage entre la radicalité de LFI et celle du RN». «Je ne suis pas pour la surenchère, ni sécuritaire ni budgétaire, mais pour une politique d'équilibre et de mesure», a-t-il martelé. L'homme, qui a fait un bref passage au ministère de l'Intérieur (2004-2005), n'a pas pu s'empêcher d'adresser un tacle au locataire de la Place Beauvau, qui vient de faire le vide à droite pour candidater en 2027. «Prenez la crise avec l'Algérie : Bruno Retailleau devrait s'atteler à la responsabilité qui est la sienne, qui est la sécurité des Français et de renvoyer les OQTF qui présentent un danger (…). Pour cela, nous avons besoin de plus de professionnalisme et de moins de surenchère sur les plateaux télé». Sur les dossiers chauds à l'international, son dada, l'ex-ministre des Affaires étrangères déplore que «Français comme Européens, avons manqué de fermeté pour défendre un ordre international fondé sur le droit, la justice et la dignité des peuples, le refus d'action unilatérale et de tout changement de régime imposé par les armes (…). Le droit international a été pulvérisé»… «Je suis convaincu qu'en 2027, nous ne pourrons plus élire un président de la République qui n'ait pas l'expérience éprouvée des affaires internationales», a asséné celui qui a livré un combat épique face aux USA à l'ONU en 2003, pour éviter que le monde mette le doigt dans l'engrenage de l'Irak. L'histoire lui a donné raison et d'ailleurs l'acteur de cette sinistre manipulation, feu le général Colin Powell, l'a reconnu dans ses mémoires. De Villepin va vite, il confie que recueillir les 500 signatures pour valider son ticket à la présidentielle «ne sera(it) pas un obstacle» au vu de «tous les soutiens et les encouragements» qu'il reçoit. Ce n'est pas pour rien qu'il est la personnalité politique préférée des Français. L'ancien collaborateur du président Jacques Chirac affirme qu'il remonte au front «pour restaurer la fonction présidentielle, pour un chef de l'Etat arbitre, garant des institutions et inspirateur de la nation»… «Depuis mon départ de Matignon en 2007, j'ai eu 18 ans pour réfléchir, tirer les leçons, oublier tout orgueil et ambition personnelle», a-t-il ajouté. La nouvelle formation, à laquelle on peut adhérer gratuitement, sera pilotée par le maire UDI de Garges-lès-Gonesse (Val-d'Oise), Benoît Jimenez, a indiqué de Villepin. «Nous allons mettre à profit l'été pour nous structurer», a-t-il annoncé. La machine a l'air parfaitement huilée. J'en connais qui n'en dormiront plus, je parle des favoris – selon les sondages – de la présidentielle que sont les chefs de file de l'extrême droite, Marine Le Pen et Jordan Bardella et l'ancien Premier ministre Edouard Philippe. On a vu Le Pen et Bardella afficher l'union sacrée lors du Salon du Bourget. Le RN tenait à montrer que le jeune président du RN ne fera pas de croche-patte à sa marraine, qui risque une condamnation et une inéligibilité définitives lors du procès en appel. Pour Philippe aussi l'obstacle sera judiciaire avec une plainte – la deuxième – pour « harcèlement moral, favoritisme, détournement de fonds publics, prise illégale d'intérêt et concussion« . À part les 3 favoris personne ne sort du lot pour le prochain scrutin présidentiel, un boulevard pour de Villepin. Mais il devra surveiller sa droite, Retailleau, le ministre le plus coté du gouvernement, surtout après sa victoire écrasante chez Les Républicains. C'est ce qui explique les coups de l'ancien Premier ministre. La bataille entre les deux sera violente, on l'a senti lors de la sortie du ministre de l'Intérieur sur LCI dimanche dernier.
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