Contrairement aux déclarations triomphantes du président américain Donald Trump, les frappes aériennes menées par les Etats-Unis sur trois sites nucléaires iraniens le week-end dernier n'auraient pas anéanti le programme nucléaire de Téhéran, selon une évaluation préliminaire du Pentagone révélée par la chaîne CNN. D'après trois sources proches du dossier citées par le média américain, l'évaluation confidentielle a été rédigée par l'agence de renseignement du département de la Défense, sur la base d'un rapport d'analyse des dégâts effectué par le Commandement central américain (CENTCOM), après les frappes sur les sites de Fordow, Natanz et Ispahan. Un revers technique, mais pas une destruction totale Selon ces premières conclusions, les frappes auraient retardé le programme nucléaire iranien de quelques mois, sans toutefois détruire ses éléments fondamentaux. L'un des responsables interrogés a précisé que les centrifugeuses sont restées largement intactes, tandis que deux autres sources ont affirmé que le stock d'uranium enrichi de l'Iran n'a pas été détruit. Un des experts impliqués dans l'analyse a résumé : « L'évaluation de l'Agence du renseignement de la Défense (DIA) estime que les Etats-Unis ont seulement réussi à faire reculer le programme de plusieurs mois, tout au plus. » Des propos contredits de la Maison Blanche Ces conclusions temporaires contredisent les déclarations publiques de l'administration Trump. Le président américain avait affirmé dimanche que les frappes avaient « complètement et totalement détruit » les installations nucléaires principales de l'Iran. De son côté, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avait soutenu que les « ambitions nucléaires iraniennes avaient été éliminées ». Mais les informations rapportées par CNN laissent entrevoir un bilan militaire plus limité que prévu. L'évaluation des dégâts est toujours en cours, et pourrait évoluer à mesure que de nouvelles données de renseignement seront collectées. Un programme peut-être partiellement déplacé Certains experts en sécurité estiment par ailleurs que l'Iran aurait pu anticiper les frappes, en procédant à un transfert partiel de son stock d'uranium hautement enrichi hors des installations visées. Un scénario plausible, selon eux, compte tenu du climat de tension croissante entre Washington, Téhéran et Tel-Aviv ces dernières semaines. Téhéran maintient sa ligne : pas d'armes nucléaires L'Iran continue, de son côté, de nier toute volonté de développer une arme nucléaire, affirmant que son programme nucléaire est exclusivement civil. Toutefois, les frappes américaines marquent une escalade notable, alors que les tensions régionales ne cessent de croître depuis l'implication directe des Etats-Unis dans le conflit entre Israël et l'Iran. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!