Quatre jours après la fin d'une guerre de douze jours qui a opposé l'Iran à Israël, la République islamique a organisé ce samedi des funérailles nationales impressionnantes pour honorer la mémoire de soixante hauts responsables militaires et scientifiques nucléaires tombés sous les frappes israéliennes. Le pouvoir iranien a voulu faire de cet hommage un acte politique fort, baptisé « Bayʿa pour l'avenir », et un signal adressé à ses ennemis : le cycle des représailles est loin d'être clos. Dans une atmosphère lourde d'émotion et de colère, des centaines de milliers d'Iraniens ont accompagné les cercueils recouverts du drapeau national, transportés de la place de la Révolution jusqu'à la place de la Liberté, dans l'ouest de Téhéran. Une foule dense, rythmée par des slogans comme « Mort à Israël » et « Le sang des martyrs dessinera la victoire », a exprimé sa rage face aux pertes subies, mais aussi sa détermination à soutenir une posture plus offensive. « Ce n'est pas un enterrement, c'est une promesse » Pour Ali Shamkhani, conseiller du guide suprême Ali Khamenei, cette cérémonie dépasse le simple hommage. Dans un message posté sur X, il a déclaré : « Ce n'est pas un enterrement mais une allégeance au futur. Pour chaque goutte de sang versé, mille nouveaux commandants se lèveront. » Il a également affirmé que « l'aube du vendredi 13 juin, débutée dans le feu, s'est achevée par les supplications d'Israël pour une trêve », saluant la riposte iranienne comme « courageuse et déterminée malgré des conditions asymétriques ». Sur le terrain, les tensions restent vives malgré la trêve. Mehran, étudiant en sciences politiques à Téhéran, confiait à Al Jazeera Net que « la paix est illusoire tant que les causes profondes du conflit ne sont pas réglées ». Il estime que l'attaque israélienne était une tentative de neutralisation d'un prétendu « danger existentiel » pour Tel-Aviv. Selon lui, l'opération avait été minutieusement préparée : infiltration de cellules dormantes, cyberattaque massive, raids de F-35 sur les radars stratégiques, et assauts par drones miniatures. Résultat : une grande vulnérabilité du ciel iranien, transformé, selon lui, en « territoire ouvert » face à l'aviation israélienne. Des voix populaires pour une riposte nucléaire Parmi les participants à la cérémonie, la douleur est immense, mais la volonté de revanche aussi. Une vieille femme vêtue de noir brandissait la photo d'une fillette morte dans les bombardements sur Téhéran, s'écriant : « Avec quel crime l'avez-vous tuée ? Elle n'était pas une combattante, juste une innocente. » Elle a également exhorté les autorités à éviter que Téhéran ne devienne une nouvelle Gaza ou un second Sud-Liban. Mohammad Reza, vétéran de la guerre Iran-Irak, allait plus loin : « La vraie guerre était avec les Etats-Unis. C'est Trump qui a exigé la reddition totale de l'Iran. » Il a dénoncé le soutien américain à l'assaut israélien et appelé à un renforcement massif de la dissuasion iranienne. L'arme nucléaire, un tabou brisé ? L'un des points les plus sensibles soulevés lors de ces funérailles reste le programme nucléaire. Mohammad Reza, dans un discours improvisé face à la foule, a admis que certaines installations avaient été partiellement endommagées. « Mais nous n'avons pas renoncé à notre uranium enrichi à 60 %, soit 400 kg. Notre capacité à produire une bombe est intacte. » Il a conclu sans détour : « Si nous avions eu l'arme nucléaire, ils n'auraient jamais osé nous attaquer. Il est temps de franchir le cap. » Cette déclaration, bien que personnelle, reflète un glissement du discours public iranien, de la dissuasion passive à la revendication active de l'arme atomique comme réponse à une menace jugée existentielle. Ainsi, l'événement de ce 28 juin, soigneusement orchestré par Téhéran, est un moment charnière : il clôt une séquence militaire sanglante, mais en ouvre une autre, où la République islamique pourrait bien redéfinir ses lignes rouges stratégiques, tant sur le terrain militaire que nucléaire. La communauté internationale observe avec inquiétude l'évolution des rapports de force dans une région plus instable que jamais. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!