Des images satellites récentes suggèrent une reprise des activités sur le site nucléaire iranien de Fordo, malgré les frappes américaines du 22 juin menées dans le cadre de l'opération Midnight Hammer. Selon le magazine Newsweek, qui s'appuie sur des clichés capturés par Maxar Technologies, l'Iran aurait réactivé des engins lourds, modifié des voies d'accès et restructuré les abords des tunnels, notamment ceux scellés avant l'attaque. Fordo, Natanz et Ispahan : trois cibles, des impacts variables Lors de cette opération, les bombardiers furtifs B-2 ont largué plus d'une douzaine de bombes anti-bunker GBU-57 contre les sites de Fordo et Natanz. En revanche, le site d'Ispahan, qui contiendrait près de 60 % des réserves d'uranium enrichi iranien, n'a pas été visé par ce type de bombes. Selon le général Dan Caine, chef d'état-major interarmées, ce site est trop profondément enfoui pour être atteint, même par les bombes GBU-57 de 14 tonnes. À la place, un sous-marin nucléaire américain a tiré une salve de missiles de croisière Tomahawk, qui n'ont causé que des dégâts de surface. Les révélations sur les limites de cette frappe ont été confirmées lors d'un briefing classifié du Sénat, cité par CNN. Le sénateur démocrate Chris Murphy a reconnu que les installations iraniennes les plus stratégiques sont désormais inaccessibles aux frappes conventionnelles, et que l'Iran a la capacité de déplacer ses stocks vers des zones protégées. Il estime que l'opération n'a retardé le programme nucléaire que de plusieurs mois, une conclusion également avancée par l'Agence de renseignement de la Défense (DIA) dès le lendemain des frappes. La CIA, de son côté, a indiqué que le programme iranien avait subi des dommages importants, sans pour autant être démantelé. Une opacité persistante sur les stocks d'uranium Les doutes persistent quant à la localisation actuelle des 400 kg d'uranium hautement enrichi. Le représentant Michael McCaul a affirmé qu'une évaluation complète est nécessaire, soulignant que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) doit vérifier la totalité du stock restant en Iran. Pour sa part, le sénateur républicain Greg Murphy a reconnu que l'élimination du matériel nucléaire n'était pas l'objectif de la mission, tandis que Lindsey Graham a qualifié les sites détruits d'inutilisables à court terme, tout en admettant ne pas savoir où se trouve l'uranium. Le spécialiste Jeffrey Lewis, de l'Institut d'études internationales de Middlebury, a déclaré à CNN que les images satellites du 26 et 27 juin montrent des véhicules près des tunnels d'Ispahan, avec une entrée dégagée. Ce constat laisse penser que l'Iran a pu transférer ses stocks ou reprendre l'accès au site. Trump contre-attaque médiatiquement L'ancien président Donald Trump maintient pour sa part que les trois sites ont été "complètement détruits". Sur sa plateforme Truth Social, il a violemment attaqué les journalistes de CNN et du New York Times, qualifiant leurs articles de « fake news » et réclamant le renvoi immédiat de la journaliste Natasha Bertrand, auteure de l'article controversé sur les limites des frappes américaines. Ainsi, les récentes images satellites et les révélations de responsables américains indiquent que les frappes du 22 juin n'ont pas démantelé le programme nucléaire iranien, mais ont peut-être simplement ralenti sa progression. Le flou persiste quant à la localisation des stocks sensibles, et la résilience des installations souterraines iraniennes pose de nouveaux défis à Washington. Sur le terrain comme dans l'arène diplomatique et médiatique, la bataille du nucléaire iranien est loin d'être close. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!