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Le comble d'une diplomatie inversée : Israël exige de garder le Golan pour signer la paix avec la Syrie
Publié dans Tunisie Numérique le 02 - 01 - 2026

Dans ce qui s'apparente à une inversion spectaculaire des principes diplomatiques, le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a déclaré qu'Israël serait prêt à normaliser ses relations avec la Syrie... à condition de conserver la souveraineté sur le Golan occupé. Une déclaration aussitôt qualifiée de « comble » par plusieurs observateurs, tant elle défie la logique même du droit international.
Interviewé par la chaîne israélienne i24NEWS, Saar a affirmé :
« Si l'occasion se présente de signer un accord de paix ou de normaliser avec la Syrie, à condition que le Golan reste entre nos mains, ce serait positif pour l'avenir d'Israël. »
Une paix conditionnée à l'occupation ?
Le Golan, territoire syrien occupé par Israël depuis la guerre de 1967, est au cœur du contentieux entre les deux pays depuis des décennies. Or, dans la diplomatie classique, la restitution des territoires est une condition de la paix, non une récompense pour l'occupation. Mais dans ce cas, c'est l'occupant qui pose ses conditions pour la normalisation... en exigeant de garder le butin.
Un responsable syrien anonyme, également cité par i24NEWS, a confirmé l'existence d'avancées majeures dans les discussions bilatérales, allant jusqu'à évoquer une signature d'accord de paix d'ici fin 2025. Ce texte prévoirait une normalisation complète des relations ainsi qu'une reconversion du Golan en "jardin de la paix", selon les termes employés.
Des négociations en coulisses malgré les provocations
Malgré ces déclarations qui frôlent l'absurde, plusieurs sources confirment des contacts directs entre Israël et la Syrie. Selon Reuters, cinq sources diplomatiques ont rapporté que des rencontres en face-à-face ont eu lieu récemment, dans des zones frontalières, y compris dans des zones sous contrôle israélien.
Le ministre syrien de l'Information Hamza Al-Moustafa a cependant démenti toute discussion officielle sur un traité de paix, évoquant uniquement des négociations indirectes via des médiateurs internationaux sur la ligne de désengagement de 1974, connue comme l'accord de séparation des forces.
Damas ne lâche pas prise sur le Golan
Le président syrien Ahmed Charaa, successeur de Bachar al-Assad depuis décembre dernier, a récemment rencontré les notables de Quneitra et du Golan, selon l'agence officielle SANA. Il y a affirmé que son gouvernement continue de travailler pour faire cesser les incursions israéliennes, par le biais de canaux diplomatiques indirects.
Il a également écouté les plaintes de la population locale, qui dénoncent les souffrances causées par l'occupation israélienne et les attaques militaires répétées, notamment depuis l'expansion territoriale menée par Tsahal en décembre 2024 dans la zone tampon.
L'Occident silencieux face à une diplomatie à l'envers
Dans ce contexte, l'exigence israélienne de garder le Golan en échange de la paix provoque consternation... mais peu de réactions officielles. Ni Washington, ni Bruxelles n'ont commenté l'annonce de Gideon Saar. Une cécité volontaire ? Le cynisme diplomatique semble s'être banalisé dès lors qu'il concerne Israël.
L'ironie de la situation n'échappe pas aux analystes : le voleur réclame une récompense pour arrêter son larcin, et l'occupant pose des conditions pour rendre une paix qu'il viole depuis un demi-siècle.
En filigrane, c'est une légitimation inquiétante de l'occupation par le biais de la normalisation qui se dessine, pendant que la communauté internationale détourne le regard.
Ainsi, si les tractations en cours débouchent réellement sur un traité de paix israélo-syrien, la manière dont elles se construisent interroge profondément sur les principes qui guident encore les relations internationales.
Le cas du Golan devient alors un symbole : celui d'un droit confisqué, d'une paix sous condition, et d'un monde où l'équilibre des forces prime sur la légalité des causes.
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