On savait que les égos surdimensionnés du président Donald Trump et de son mécène Elon Musk finiraient par se télescoper, mais on n'imaginait pas que ça arriverait aussi rapidement et avec un tel fracas. Elon Musk a claqué la porte du gouvernement en disant tout le mal qu'il pense du méga projet de loi budgétaire concocté par Trump. L'homme le plus riche du monde est d'avis qu'il est trop dépensier – de l'argent que les caisses du pays n'ont pas – et surtout trahit tous les engagements que le républicain avait pris durant sa campagne électorale. Après l'affrontement public Musk avait fait amende honorable en formulant des excuses en direction de la Maison-Blanche. Le combat repart pour un tour et cette fois il pourrait être un combat à mort. Musk ne pardonnera jamais… Manifestement le patron de Tesla, SpaceX et X ne digérera jamais qu'on l'ait poussé vers la sortie du DOGE (département de l'efficacité gouvernementale), même si Trump avait soigné les apparences en arguant que Musk avait presque achevé son travail et qu'il restera toujours dans le cercle présidentiel. Ce n'est pas ce que laissent entendre les bruits de sabre au sommet de l'exécutif… Le Sénat américain, où les républicains sont majoritaires, a voté au pas de charge le «One big, beautiful bill» (le grand et beau texte de loi, c'est le président qui le dit). La furie de Musk monte crescendo. Il est vrai qu'à titre personnel il a beaucoup à perdre, mais il n'y a pas que ça à en croire la sortie musclée du milliardaire postée sur X : «Tous les membres du Congrès qui ont fait campagne sur la réduction des dépenses publiques et qui ont ensuite immédiatement voté en faveur de la plus forte augmentation de la dette de l'histoire devraient avoir honte !» Ce n'est pas tout : il menace carrément les sénateurs qui soutiennent la loi budgétaire : «Et ils perdront les primaires l'année prochaine, même si c'est la dernière chose que je fais sur cette Terre». Musk, alors que Trump en avait fait une ligne rouge, déclare qu'il financera la campagne des primaires républicaines de candidats se présentant face aux parlementaires sortants. Ce sera les élections à mi-mandat (en 2026) de tous les dangers pour le camp présidentiel. Par accentuer l'effroi à Washington Musk n'exclut pas de monter «un nouveau parti politique qui se soucie réellement du peuple». Il avait agité cette idée début juin dernier mais tout le monde avait cru que c'était une simple boutade. Là l'affaire prend de l'épaisseur. Le milliardaire a affirmé que si le projet de loi sur le Budget passe ce nouveau parti politique, qu'il a baptisé «America Party», «serait formé le lendemain». «Il est évident, vu les dépenses ahurissantes du texte – qui augmente de manière record le plafond de la dette de 5 000 MILLIARDS DE DOLLARS -, que nous vivons dans un pays au parti unique : le parti des cochons qui se goinfrent». C'est ce que Musk a dit du document que Trump ne cesse de vanter. Après ces propos choc on ne voit pas comment ils pourraient enterrer la hache de guerre, même si tout est possible entre ces deux hommes. La santé, les énergies renouvelables, les migrants… : Ceux que Trump écrasera pour passer Rappelons que le projet de loi budgétaire propose de reconduire les baisses d'impôts introduites par le Parti républicain en 2017 et de financer un vaste programme d'expulsion des migrants, principalement l'embauche de 10 000 nouveaux agents de l'ICE, la police de l'immigration. Pour subventionner ce plan le Parti républicain mise sur des coupes massives dans la santé. Trump sabre également des incitations fiscales aux énergies renouvelables instaurées par Joe Biden… Mais la messe n'est pas encore dite et il n'est pas certain que tous les désidératas de Trump soient au rendez-vous. Les sénateurs ont entamé un âpre combat législatif, avec des centaines d'amendements qui pleuvent sur le texte. Les démocrates, même minoritaires, feront tout pour plomber jusqu'au bout le vote final. Leur stratégie consiste aussi à convaincre les républicains du Congrès de rejeter les propositions que les électeurs américains réprouvent. Mais combien parmi les élus du camp de Trump oseront affronter la colère du président ? Combien céderont aux sirènes de Musk et basculeront dans le camp adverse ? Les sénateurs se penchent sur le document depuis le début de la matinée de ce mardi 1er juillet et le vote sur le projet de loi dans sa globalité ne devrait pas intervenir avant la nuit. Après ça le texte repassera à la Chambre des représentants, laquelle a déjà validé sa propre version. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a averti hier lundi lors d'un point presse : «Les républicains doivent rester solides et unis dans la dernière ligne droite, et nous comptons sur eux pour faire le job». Comprenez par là que Trump regarde ça à la loupe et ne pardonnera aucune défection dans ses rangs. Il avait promis le « One Big Beautiful Bill » d'ici ce 4 juillet, jour de la fête nationale, il mettra le feu pour tenir les délais. Après ça le déluge… et le combat frontal contre Musk. Le président américain a dit à qui veut l'entendre qu'il mérité amplement le Prix Nobel de la paix après l'accord de paix qu'il a fait signer entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, après la « paix par la force » qu'il a imposée entre l'Iran et Israël et après celle qu'il s'apprête à édicter à Gaza (Quid de la guerre en Ukraine, qu'il avait promis de stopper en « 24 heures » ?). Mais « charité bien ordonnée commence par soi-même », il devra d'abord pacifier son pays pour prétendre à toute distinction internationale.
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