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Haaretz révèle des témoignages bouleversants depuis l'enfer quotidien des soldats israéliens à Gaza !
Publié dans Tunisie Numérique le 02 - 01 - 2026

Tout ce que rapportent les médias israéliens sur la guerre à Gaza ne reflète pas nécessairement la réalité. C'est ce que révèle le quotidien israélien Haaretz, à travers les témoignages de cinq jeunes soldats qui combattent dans la bande de Gaza depuis près de 21 mois, envoyés sur le terrain dès la sortie du lycée.
Le journal souligne que les voix des soldats engagés dans les combats restent largement inaudibles pour le public israélien, étouffées par une communication militaire verrouillée.
Même lorsque des journalistes sont intégrés aux unités, ce qu'ils voient est soigneusement orchestré. Les soldats autorisés à parler sont sélectionnés par les porte-parole de l'armée, briefés à l'avance, pour relayer une image uniforme : celle d'un "génération de lions au moral inébranlable".
Mais les témoignages recueillis par Haaretz dressent un tableau radicalement différent, bien loin de la version officielle.
"Vous nous avez envoyés à la guerre, maintenant écoutez-nous"
Les cinq soldats qui ont accepté de témoigner – sous pseudonyme pour la plupart – ont lancé un appel simple :
"Vous nous avez envoyés à la guerre. Ecoutez ce que nous avons à dire."
Et ce qu'ils décrivent, c'est une guerre épuisante, désespérante, sans issue. Une guerre qui laisse derrière elle traumatismes, fatigue extrême et une peur constante de mourir.
■ Yonatan (21 ans – brigade Kfir) : "Le sang de mon ami remplissait ma bouche"
Yonatan, 21 ans, raconte l'entrée de son unité dans le camp de Jabaliya. Alors qu'ils s'approchaient d'une maison, un groupe de chiens se met à aboyer. Exaspéré, le commandant ouvre le feu sur eux :
"Ce sont les chiens des terroristes, ils sont peut-être enragés", dit-il.
Le lendemain, en entrant dans la maison, une explosion projette Yonatan dans les airs.
"J'ai cru que j'étais blessé, j'avais du sang dans la bouche. Mais c'était le sang de mon meilleur ami. Depuis, je ne dors plus, je ne mange plus."
■ Or (20 ans – unité de reconnaissance parachutiste) : "Des corps d'enfants déchiquetés par des chiens"
Or se souvient d'une mission dans Khan Younès, où son unité découvre les cadavres de cinq ou six personnes sous les décombres d'une maison bombardée.
"Deux d'entre eux étaient des enfants. Des chiens affamés avaient rongé leurs corps. Une scène insoutenable."
■Omer (21 ans – brigade Givati) : "Je ne supporte plus un seul nom sur la liste des morts"
"On a l'impression que cette guerre dure depuis dix ans."
C'est ainsi qu'Omer résume ses 21 mois de combat.
"Je ne compte plus le nombre de camarades tués : de ma compagnie, mon bataillon, mon école, mon quartier. Je n'en peux plus."
Il accuse également l'armée de négligences graves, évoquant des soldats envoyés au combat sans munitions suffisantes :
"Et ensuite, on lit dans les médias qu'il est mort à cause d'un engin piégé... comme si c'était normal."
■ Yaïr (21 ans – reconnaissance Nahal) : "Une section entière a été décimée... et moi, je suis encore là"
Yaïr raconte un guet-apens en pleine nuit près de Beit Lahia. À deux heures du matin, il se réveille en panique :
"Notre officier a perdu les pédales. Il hurlait sur tout le monde. C'était le chaos."
Il explique comment le stress a envahi même sa vie personnelle :
"Je crie sur ma copine sans raison. Je perds mes cheveux. Cette guerre me détruit."
■ Ori (22 ans – unité d'ingénierie Yahalom) : "Pourquoi continue-t-on ? Pour rien"
"Au début, je croyais qu'on écrivait l'histoire, qu'on protégeait les civils, qu'on sauvait les otages."
Mais avec le temps, Ori dit avoir perdu foi en la mission.
"À force d'assister à des funérailles, d'entendre qu'un otage a été tué dans un bombardement, on finit par se poser des questions."
Il ajoute avec amertume :
"On ne gagne rien. On risque nos vies pour rien. Cette guerre continue pour des raisons politiques. Toute personne dotée de bon sens peut le voir."
Et il conclut par un appel poignant :
"Quand allez-vous comprendre qu'il faut arrêter ? À 900 morts ? Mille ? Je vous en supplie... manifestez, parlez, arrêtez ce massacre."
Un désenchantement qui ébranle le récit officiel
Ces témoignages dévoilés par Haaretz mettent en lumière l'épuisement moral et physique des soldats israéliens sur le terrain, et l'écart croissant entre la réalité de la guerre et la version propagée par l'Etat-major.
Dans un conflit présenté comme une "mission nationale", ces jeunes soldats, eux, ne voient plus de sens. Ils voient la mort, la peur, le silence, et posent une seule question :
"Combien de morts faudra-t-il pour que vous écoutiez enfin ?"
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