Washington hausse le ton : sans compromis avec ses partenaires commerciaux, les Etats-Unis imposeront dès le 1er août des droits de douane pouvant atteindre 70 %. Une nouvelle escalade qui place la planète économique sous tension. Le compte à rebours est enclenché. Le ministre américain du Trésor, Scott Bessent, a confirmé ce dimanche 6 juillet 2025 que les droits de douane punitifs annoncés en avril dernier entreront en vigueur le 1er août, à moins qu'un accord ne soit trouvé dans les prochains jours. Ces tarifs douaniers, qui pourraient varier entre 10 % et 70 % selon les pays, s'inscrivent dans la stratégie américaine de réduction du déficit commercial jugé « intolérable » par le président Donald Trump. Changement de cap : du 9 juillet au 1er août Initialement prévue pour le 9 juillet, la date de mise en œuvre a été reportée par Trump lui-même, qui a désormais fixé l'ultimatum au 1er août. « Le président Trump va envoyer des courriers à certains de nos partenaires commerciaux disant que s'ils ne font pas avancer les choses, alors, le 1er août, ils retourneront tel un boomerang au niveau des droits de douane du 2 avril », a déclaré Bessent lors d'une interview sur CNN. À cette pression s'ajoute un calendrier serré : « Nous allons être très occupés pendant les prochaines 72 heures », a-t-il précisé, laissant entendre que les tractations de dernière minute allaient s'intensifier. Une stratégie assumée de confrontation Le gouvernement américain entend utiliser le levier douanier comme instrument de négociation. « La stratégie est d'appliquer un maximum de pression », affirme Scott Bessent, citant l'Union européenne comme exemple. « Il y a trois semaines, lorsque le président a menacé de droits de douane à hauteur de 50 %, cinq dirigeants européens ont aussitôt appelé. Ursula von der Leyen était au téléphone dans la journée », a-t-il relaté. Selon le ministre, « l'UE fait de très bons progrès », laissant entrevoir des résultats dans les pourparlers bilatéraux. Toutefois, il reste prudent sur les autres fronts. Une offensive ciblée sur 18 partenaires majeurs La nouvelle vague de sanctions concernerait principalement les 18 partenaires commerciaux les plus importants des Etats-Unis, qui représentent à eux seuls 95 % du déficit commercial américain. « Nous avons signé des lettres, elles seront envoyées lundi, probablement douze », a indiqué Donald Trump à la presse depuis Air Force One. Il a également mentionné qu'une centaine d'autres courriers seraient adressés à de « petits pays », moins centraux dans la balance commerciale, mais néanmoins concernés par le signal politique envoyé. Le président, qui estime que « des pays ont pu s'en tirer avec trop pendant des années », compte bien mettre fin à cette situation. « Cela fait plusieurs années que j'observe ce déficit. Honnêtement, je pense que c'est ridicule », a-t-il déclaré avec virulence. Les surtaxes annoncées sont flexibles, allant de 10 à 20 % pour certains pays et produits, jusqu'à 60 ou même 70 % dans d'autres cas, selon les échanges commerciaux ou les écarts jugés excessifs. Aucun détail précis n'a pour l'instant été communiqué sur la répartition exacte, mais la Chine, l'Union européenne et plusieurs économies d'Asie sont dans le viseur. Analyse : La résurgence d'une politique protectionniste américaine pourrait avoir des répercussions en cascade à l'échelle mondiale : * Europe : déjà sous pression, l'UE pourrait chercher à renforcer son autonomie stratégique et ses accords bilatéraux, notamment avec l'Afrique du Nord. Les producteurs tunisiens pourraient bénéficier d'un réajustement des flux commerciaux. * Chine : Pékin pourrait accélérer la diversification de ses débouchés en Afrique et en Amérique latine. La Tunisie pourrait en profiter dans des secteurs ciblés (agro-industrie, infrastructures). * Canada et Mexique : fortement intégrés à l'économie américaine, ces pays devront négocier au cas par cas pour protéger leur accès au marché nord-américain. * Afrique : une montée du protectionnisme occidental pourrait encourager les accords Sud-Sud et les zones de libre-échange intra-africaines. La Tunisie, en tant que membre de la ZLECAf, devra se positionner. * Russie : exclue des marchés occidentaux, elle pourrait voir dans ces tensions une opportunité de se repositionner comme alternative stratégique pour les pays sous pression américaine. Dans ce climat d'incertitude commerciale croissante, les économies émergentes, dont la Tunisie, doivent suivre de près les mouvements de Washington pour adapter leurs stratégies diplomatiques et économiques. La diversification des partenariats devient une nécessité plus qu'une option. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!