L'Union européenne essuie une salve de critiques virulentes après avoir refusé de suspendre son accord d'association avec Israël, malgré les violations persistantes des droits des Palestiniens. Amnesty International a qualifié cette décision de « trahison cruelle et illégale » des principes fondateurs de l'Union. Dans un communiqué publié mardi soir, à l'issue de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Bruxelles, la secrétaire générale d'Amnesty, Agnès Callamard, a dénoncé un « reniement du projet européen fondé sur le respect du droit international et la lutte contre la tyrannie ». Elle a affirmé que cette décision constitue une « violation des propres règles de l'Union et un mépris des droits humains palestiniens », estimant que « ce jour restera comme l'un des plus honteux de l'histoire de l'UE ». L'ONG pointe du doigt une occasion manquée : l'Union aurait pu envoyer un signal fort face aux « crimes d'Israël », mais a préféré, selon elle, lui accorder un « feu vert pour poursuivre le génocide à Gaza, l'occupation illégale des territoires palestiniens, et son régime d'apartheid à l'encontre du peuple palestinien ». Amnesty rappelle que la propre évaluation de l'Union européenne a conclu que l'Etat israélien viole ses engagements en matière de droits humains au regard de l'accord d'association. Malgré cela, les Etats membres ont choisi de maintenir un accord commercial préférentiel, plutôt que de respecter leurs obligations internationales et de « sauver des vies palestiniennes ». Agnès Callamard alerte : « À chaque fois que l'Union échoue à agir, elle accroît le risque de complicité dans ces crimes ». L'organisation appelle désormais les Etats membres à agir individuellement, en suspendant tout type de coopération susceptible de contribuer aux violations graves du droit international par Israël. Elle demande notamment l'imposition immédiate d'un embargo total sur les armes et équipements connexes, ainsi que l'interdiction du commerce et de l'investissement dans les colonies israéliennes illégales situées dans les territoires palestiniens occupés. La réunion des ministres européens a pourtant évoqué plusieurs options, allant de la suspension de l'accord d'association à des sanctions ciblées contre certains responsables israéliens. Mais aucune de ces mesures n'a réuni un consensus suffisant. Amnesty exhorte l'Union et ses membres à « agir dès maintenant, individuellement ou collectivement, pour aligner leurs politiques sur le droit international », en référence à l'avis consultatif rendu par la Cour internationale de justice en 2024 sur la situation dans les territoires palestiniens occupés. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!