Les avertissements se multiplient en Israël face à une paralysie totale menaçant le port d'Eilat, après que la municipalité de la ville a décidé de geler ses comptes bancaires en raison de dettes fiscales accumulées dépassant les 600 000 shekels par mois (environ 162 000 dollars), selon le quotidien économique israélien Globes. D'après le journal, l'Autorité israélienne des situations d'urgence a officiellement notifié à la direction du port la décision de saisie intégrale, ce qui laisse présager une interruption complète des activités maritimes, incluant le mouvement des remorqueurs et des navires, l'arrêt du soutien logistique à la marine israélienne en mer Rouge, la suspension des exportations de potasse en provenance des usines de la mer Morte, ainsi que des répercussions directes sur l'oléoduc Europe-Asie, stratégique pour Israël. Une lettre officielle de l'Autorité d'urgence a mis en garde contre le fait que la persistance de cette situation pourrait entraîner une « dégradation des équipements du port et des dommages durables aux infrastructures opérationnelles, telles que les grues et les systèmes électriques », en l'absence de tout règlement avec la municipalité. Le rapport précise également que le port d'Eilat ne fonctionne plus à pleine capacité depuis le déclenchement de la guerre à Gaza et au sud du Liban, aggravée par les menaces croissantes d'attaques des Houthis contre la navigation en mer Rouge. Les attaques des Houthis aggravent la crise Cette escalade intervient alors que les Houthis ont annoncé, mardi, avoir mené une nouvelle attaque ciblant le port d'Eilat et un site militaire israélien à l'aide de trois drones, réaffirmant que « les opérations continueront jusqu'à la levée du blocus sur Gaza et la fin de l'agression ». Dans leur communiqué, les Houthis ont ajouté que « le Yémen remplit son devoir selon ses capacités, en rejetant l'agression contre Gaza et la profanation des pays arabes et musulmans ». Le port d'Eilat, dont les droits d'exploitation ont été accordés en 2012 à la société israélo-américaine Nakash Brothers pour 15 ans (contre 120 millions de shekels, soit environ 32,4 millions de dollars), avec possibilité de prolongation de 10 ans, avait généré en 2023 des revenus de 212 millions de shekels (près de 57,2 millions de dollars). Mais la situation s'est dramatiquement détériorée en une seule année : en 2024, les revenus ont chuté de 80 % pour s'établir à seulement 42 millions de shekels (environ 11,3 millions de dollars), en raison de la fermeture de la route commerciale via la mer Rouge. Le nombre de navires accostant au port est également tombé de 134 en 2023 à seulement 16 en 2024, puis à 6 navires seulement au premier semestre 2025, selon Globes, ce qui illustre l'ampleur de la crise. Une aide gouvernementale insuffisante Malgré l'intervention du gouvernement israélien, qui a garanti un prêt de 30 millions de shekels (dont seulement 16 millions ont été utilisés) et accordé des compensations supplémentaires à hauteur de 15 millions de shekels, ces efforts n'ont pas permis au port de s'acquitter de ses dettes envers la municipalité, suscitant de vives critiques au sein des autorités. Tous les regards sont désormais tournés vers dimanche prochain, date à laquelle l'activité du port pourrait être totalement suspendue, faisant craindre de graves conséquences économiques et sécuritaires sur la navigation israélienne en mer Rouge. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!