Des soldats israéliens titulaires de la nationalité canadienne craignent désormais de se rendre au Canada, de peur d'être arrêtés pour leur implication présumée dans la guerre menée par Israël contre Gaza. Selon un article publié par le Times of Israel, cette inquiétude est née de l'ouverture officielle d'une enquête par la police canadienne sur d'éventuels crimes de guerre commis pendant le conflit. Une enquête inédite au Canada C'est en juin 2025 que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a annoncé l'ouverture d'une enquête structurée sur les événements liés au conflit entre Israël et le Hamas, dans le cadre de la guerre en cours dans la bande de Gaza. L'objectif est de collecter, préserver et évaluer des informations pouvant constituer des éléments de preuve en vertu de la loi canadienne sur les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre. Il s'agit, selon le Times of Israel, de la première enquête de ce type visant potentiellement des citoyens israéliens dans l'histoire du Canada. Jusqu'ici, le pays avait seulement mené de telles investigations sur des Canadiens impliqués dans les conflits au Rwanda ou dans l'ex-Yougoslavie. Des soldats dans le viseur Parmi les personnes potentiellement concernées par cette enquête, des soldats israéliens détenteurs de la citoyenneté canadienne. Leurs noms figurent sur un site canadien indépendant accusant Israël de commettre un génocide à Gaza. L'un d'eux, interrogé par le Times of Israel, a exprimé sa crainte : « Nous ne savons pas si voyager au Canada est encore sûr, ou si nous serons arrêtés à notre arrivée. » Bien que les autorités canadiennes aient précisé que l'enquête n'est pas de nature criminelle à ce stade, elles ont souligné qu'elle pourrait évoluer selon les éléments collectés. Une plateforme en ligne multilingue (français, anglais, arabe et hébreu) devrait bientôt être lancée pour permettre aux témoins ou victimes de transmettre des informations en toute sécurité. Mobilisation juridique mondiale Ce mouvement judiciaire s'inscrit dans une mobilisation internationale plus large. Depuis plusieurs mois, des plaintes ont été déposées en Europe et en Amérique latine par l'ONG « Hind Rajab », visant des soldats israéliens pour crimes de guerre. En mars 2025, le Centre international pour la justice pour les Palestiniens a lancé l'initiative « Global 195 », une campagne mondiale visant à poursuivre les auteurs présumés d'exactions contre les civils à Gaza. Les témoignages ne manquent pas. Certains soldats ont eux-mêmes reconnu dans les médias avoir participé à des opérations controversées, et des vidéos circulent sur les réseaux sociaux, montrant des actes susceptibles de constituer des violations graves du droit humanitaire international. Rappelons que la Cour pénale internationale (CPI) a émis, le 21 novembre 2024, des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et l'ancien ministre de la Défense Yoav Galant, les accusant de crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Ainsi, la crainte exprimée par les soldats israélo-canadiens reflète un tournant dans la justice internationale, où la double nationalité et la coopération judiciaire entre pays pourraient permettre de poursuivre les auteurs présumés de crimes, même en dehors des territoires concernés. Alors que les tensions demeurent élevées, ce type d'initiative judiciaire contribue à renforcer l'idée que l'impunité pourrait ne plus être systématique, notamment lorsque les preuves sont publiquement accessibles et que la pression citoyenne internationale s'intensifie. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!