Lors d'une conférence de presse tenue mardi à Washington, le président américain Donald Trump a ouvertement laissé planer le doute sur ses intentions pour l'élection présidentielle de 2028, évoquant la possibilité d'un retour malgré la limite constitutionnelle à deux mandats. Il a également désigné son actuel vice-président, J.D. Vance, comme potentiel favori du camp républicain pour succéder à la Maison-Blanche, sans exclure la formation d'un ticket avec Marco Rubio. « Il est encore trop tôt pour en parler, mais il (Vance) fait un travail remarquable. Il est peut-être, à ce stade, le candidat le mieux placé », a déclaré Trump face à la presse, en présence de Vance, de la ministre de la Sécurité intérieure Kristi Noem et de la ministre de la Justice Pam Bondi. Une alliance républicaine en construction ? Fidèle à son style volontiers énigmatique, Donald Trump a également suggéré une formule inédite qui pourrait impliquer un tandem entre J.D. Vance et Marco Rubio, actuel chef de la diplomatie américaine. « Je pense que Marco est également un nom à surveiller. Il pourrait, d'une manière ou d'une autre, rejoindre Vance sur un même ticket. Nous avons des personnalités formidables, dont certaines sont ici même sur cette estrade », a-t-il déclaré, laissant entendre que le parti républicain disposerait d'un vivier solide pour 2028. Un troisième mandat en contradiction avec la Constitution Interrogé à plusieurs reprises sur sa propre candidature potentielle, Donald Trump a entretenu l'ambiguïté, déclarant dans une interview télévisée diffusée mardi : « Probablement pas. » Une réponse loin d'être définitive, d'autant que le président américain n'a cessé ces derniers mois de laisser entendre qu'il pourrait briguer un troisième mandat, ce qui violerait pourtant le 22e amendement de la Constitution américaine. Adopté en 1951 après le quatrième mandat de Franklin D. Roosevelt, cet amendement stipule clairement que « nul ne peut être élu plus de deux fois à la présidence des Etats-Unis », qu'il s'agisse de mandats consécutifs ou non. Dans le cas de Trump, déjà élu en 2016 puis revenu en 2024, une candidature en 2028 serait donc théoriquement illégale. Un scénario improbable mais politiquement agité Malgré ce cadre juridique clair, Trump a évoqué à plusieurs reprises des « pistes » permettant selon lui de contourner cette interdiction, sans jamais préciser de quelle manière. Des experts constitutionnels américains jugent cette perspective hautement improbable, voire « politiquement impossible », dans la mesure où toute révision de l'amendement nécessiterait l'approbation des deux tiers du Congrès, puis la ratification par au moins 38 des 50 Etats américains. À ce jour, aucun débat institutionnel sérieux n'a été engagé dans ce sens, mais l'évocation récurrente d'un troisième mandat alimente les spéculations et mobilise les soutiens les plus fervents de l'ancien président. Certains observateurs y voient une stratégie de communication visant à tester l'opinion et à maintenir Trump au centre de l'attention politique, même au-delà de son second mandat. Ainsi, en position de force après son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump continue de façonner le débat politique américain, entre manœuvres symboliques, projections futures et non-dits calculés. Tandis que J.D. Vance semble gagner en stature nationale, les propos de Trump relancent les interrogations sur l'avenir du parti républicain et sur les limites, toujours plus mises à l'épreuve, de la Constitution des Etats-Unis. La route vers 2028 s'annonce déjà mouvementée. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!