Au premier semestre 2025, la Belgique a enregistré une chute marquée des demandes de visas de court séjour (type C), avec 114.178 requêtes contre 207.101 à la même période en 2024, selon l'Office belge des étrangers. Malgré ce recul global, cinq pays africains – Maroc, République démocratique du Congo, Algérie, Egypte et Cameroun – conservent leur position de leaders, totalisant 25.999 demandes à eux seuls. Ces flux administratifs traduisent des réalités humaines et économiques multiples : liens familiaux historiques, tourisme d'opportunité, accès aux soins médicaux, ou encore échanges culturels et commerciaux. 1- Maroc : le poids des liens familiaux Avec 8.388 demandes de visa C, dont 62,8 % pour des visites familiales, le Maroc reste le premier pays africain demandeur. Le tourisme représente 13,8 % des requêtes et les voyages professionnels 5 %. Cette prédominance s'explique par une diaspora marocaine fortement implantée en Belgique. En 2024, les transferts financiers mondiaux des Marocains résidant à l'étranger ont atteint un record de 117,7 milliards de dirhams (11,4 milliards d'euros), illustrant l'importance des échanges économiques transnationaux. 2- RDC : le tourisme comme levier migratoire La RDC affiche 6.433 demandes, dont 67,5 % pour le tourisme, loin devant la visite familiale (10,4 %). Un paradoxe dans un pays où moins de 2 % de la population appartient à la classe moyenne, selon le PNUD. Souvent, le visa touristique sert de porte d'entrée vers des soins ou une éducation de qualité en Europe, en raison des lacunes structurelles locales. 3- Algérie : famille et santé en priorité Avec 4.221 demandes, l'Algérie se distingue par un équilibre entre visites familiales (35,5 %) et tourisme (34,7 %), mais surtout par une proportion inédite de voyages pour raisons médicales (11 %). La communauté algérienne en Belgique, estimée à 70.000 personnes, entretient des liens solides avec le pays d'accueil, notamment à travers le commerce et la restauration. 4- Egypte : une mobilité de confort L'Egypte enregistre 3.949 demandes, dont 74,3 % pour le tourisme, signe d'une mobilité portée par une bourgeoisie urbaine aisée. Les visites familiales restent marginales (3,7 %), confirmant l'absence d'une diaspora structurée en Belgique. 5- Cameroun : affaires et culture en synergie Avec 3.008 demandes, le Cameroun se distingue par une part notable de voyages d'affaires (8,2 %), en plus des visites familiales (43,1 %) et du tourisme (26,3 %). Les échanges économiques se concentrent sur l'agroalimentaire et la logistique portuaire, tandis que les manifestations culturelles renforcent une diplomatie économique naissante. Tendances et implications La comparaison des profils montre deux grandes dynamiques : * Liens familiaux : moteurs au Maroc et au Cameroun, nécessitant une simplification des procédures pour éviter les recours à l'irrégularité. * Tourisme utilitaire : dominant en RDC et en Egypte, il traduit souvent un besoin d'accès à des services essentiels plus qu'une volonté de loisirs. Enfin, la spécificité algérienne des motifs médicaux illustre les lacunes sanitaires dans certains pays, faisant de la Belgique un recours stratégique. En résumé, ces chiffres ne sont pas qu'une donnée statistique : ils reflètent les réalités économiques, sociales et diplomatiques entre l'Afrique et la Belgique, et soulignent l'urgence d'adapter les politiques migratoires pour concilier contrôle et coopération. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!