Un groupe de 23 économistes de renom, dont dix lauréats du prix Nobel d'économie, a adressé une lettre ouverte au Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, l'avertissant que les politiques actuelles à Gaza conduiront à des conséquences économiques catastrophiques. Révélée par le journal israélien The Marker, cette initiative est qualifiée de « sans précédent » par sa sévérité et par l'identité des signataires. Une alerte claire sur les risques intérieurs Dans leur message, les économistes préviennent qu'Israël « paiera un prix économique exorbitant » si le blocus et les mesures punitives à l'égard de la population de Gaza se poursuivent. Les auteurs estiment que les risques dépassent les pressions temporaires et menacent de saper les fondations mêmes de l'économie israélienne. Le rapport met en évidence des signes déjà visibles : * Fuite massive du marché immobilier depuis octobre 2023, avec des ventes massives d'appartements, notamment à Tel-Aviv, et l'arrêt des achats par les investisseurs fortunés depuis plus d'un an. * Décrochage des prix attendu sur une décennie, incitant à un transfert de milliards de shekels vers la bourse. * Perte de confiance structurelle chez les investisseurs, limitant la capacité du gouvernement à stabiliser les marchés. Les tensions sociales internes s'intensifient également, avec des débats sur l'éventualité d'un conflit social et d'une grève générale. Les économistes dénoncent une « fuite devant les chiffres » de la part du gouvernement, refusant de reconnaître l'ampleur de la crise. Des menaces extérieures croissantes Au-delà des difficultés internes, les signataires alertent sur les risques d'isolement diplomatique. La lettre évoque la possibilité de sanctions personnelles ciblées par des pays occidentaux, comme le gel d'avoirs en Europe, au Canada ou en Australie, et la saisie de biens immobiliers et de comptes bancaires appartenant à des responsables israéliens. L'un des signataires résume la situation ainsi : « Si les décideurs ne sont pas tenus directement responsables, ce sont les générations futures qui paieront le prix. » Le rapport souligne que la guerre actuelle fragilise davantage l'économie israélienne qu'auparavant, en affaiblissant à la fois la confiance interne et les infrastructures économiques. Comparée à d'autres crises mondiales, comme les politiques douanières de l'ère Trump, la situation est jugée beaucoup plus vulnérable, avec une capacité limitée à absorber de nouveaux chocs. Les points noirs identifiés The Marker énumère sept menaces principales : * Crise immobilière interne. * Erosion accélérée de la confiance des investisseurs. * Risque de troubles sociaux. * Baisse du crédit souverain. * Fuite des capitaux. * Exode de talents, notamment dans la haute technologie. * Isolement international susceptible de déboucher sur des sanctions. Les Nobel signataires Parmi les 23 économistes signataires figurent dix prix Nobel : Darón Acemoglu, Angus Deaton, Peter Diamond, Esther Duflo, Claudia Goldin, Eric Maskin, Roger Myerson, Edmund Phelps, Christopher Pissarides et Joseph Stiglitz. Leur message est sans ambiguïté : maintenir la politique actuelle à Gaza ne se traduira pas uniquement par des coûts militaires et politiques, mais mènera à une crise économique et financière imminente pour Israël. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!