Les petites et moyennes entreprises américaines subissent de plein fouet la politique commerciale de Donald Trump. Depuis l'annonce, en avril, de nouvelles surtaxes sur les importations, nombre d'entrepreneurs peinent à absorber les coûts et envisagent d'augmenter leurs prix pour survivre. Une production délocalisée à nouveau pénalisée Ben Knepler, fondateur de la société True Places en Pennsylvanie, illustre cette situation. Spécialisée dans le mobilier de camping, son entreprise avait transféré sa production de Chine vers le Cambodge lors du premier mandat de Trump, afin d'échapper à la guerre commerciale sino-américaine. Mais depuis le 7 août, les produits cambodgiens sont soumis à une surtaxe de 19 %, après une succession de hausses instables atteignant ponctuellement 49 %. « Personne ne sait ce qu'il en sera demain », confie l'entrepreneur, évoquant une véritable « roue de l'infortune ». Déjà endetté de plusieurs centaines de milliers de dollars liés à sa délocalisation, il redoute pour l'avenir de sa société. Des marges écrasées et des prix en hausse Face à ces taxes, les options sont limitées : répercuter les coûts sur les consommateurs ou cesser d'importer certains produits. Barton O'Brien, qui vend des accessoires pour chiens, a choisi d'anticiper en important un maximum de stocks avant l'entrée en vigueur des surtaxes. « J'en avais même dans la salle de bain », raconte-t-il, soulignant l'impossibilité de produire aux Etats-Unis, où les coûts seraient « presque six fois plus élevés » que ses prix de vente. Ses produits, fabriqués en Inde et au Vietnam, sont désormais frappés de surtaxes respectives de 25 % et 20 %, avec la menace d'un relèvement à 50 % pour l'Inde. « Si vous regardez mes concurrents, nous fabriquons tous dans les mêmes pays. Nous devrons tous augmenter les prix », conclut-il. Une stratégie contestée La Maison-Blanche affirme que ces droits de douane seront supportés par les pays exportateurs et généreront des dizaines de milliards de dollars pour l'Etat fédéral. Mais sur le terrain, les entrepreneurs rappellent que ce sont eux qui avancent les frais à l'entrée des produits sur le sol américain. Selon les calculs conjoints de l'OMC et du FMI, les taxes appliquées par Washington atteignent en moyenne 20,1 %, un niveau inédit depuis les années 1910, en dehors de quelques semaines de 2025. Si l'inflation reste pour l'instant contenue aux Etats-Unis, les économistes anticipent des effets différés sur la croissance et l'emploi. Ainsi, alors que Donald Trump mise sur sa politique protectionniste pour défendre l'économie américaine, ce sont les PME qui se retrouvent en première ligne, fragilisées par l'instabilité et l'explosion des coûts d'importation. Un pari risqué qui pourrait à terme peser lourdement sur la consommation intérieure et nourrir l'inflation que le président assure vouloir contenir. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!