L'arrestation puis la fuite de Tom Artyom Alexandrovitch, directeur exécutif de la cybersécurité en Israël, provoque une onde de choc politique aux Etats-Unis. Interpellé ce mois-ci à Las Vegas lors d'une opération secrète visant des suspects d'abus sexuels sur mineurs, le responsable israélien est parvenu à quitter le pays après avoir versé une caution de 10.000 dollars, sans même comparaître devant un juge. Une fuite qui alimente la colère Selon la police métropolitaine de Las Vegas, Alexandrovitch avait été arrêté alors qu'il pensait rencontrer une adolescente de 15 ans. Mais rapidement après son interpellation, il a pu régler une caution standard pour ce type de délit, avant de repartir en Israël, soulevant de vives critiques sur l'absence de saisie de son passeport. Le cas a déclenché une vague d'indignation, notamment au sein du mouvement MAGA (Make America Great Again), proche du président Donald Trump, qui exige des explications. Pour ses partisans, cet épisode illustre un laxisme judiciaire inacceptable. Pressions politiques et fractures internes Des figures républicaines influentes, dont la députée Marjorie Taylor Greene et le congressman Thomas Massie, ont dénoncé ce qu'ils perçoivent comme un traitement de faveur accordé à Israël. Greene a ironisé sur X : « Est-ce de l'antisémitisme de demander que ce responsable soit renvoyé pour être jugé comme n'importe quel autre criminel ? » Le journaliste Tucker Carlson a lui aussi pointé du doigt un scandale judiciaire : « Pourquoi les Etats-Unis permettent-ils à un responsable étranger accusé d'abus sexuels sur mineur d'échapper à la justice ? » Washington dément toute ingérence Face à la polémique, le département d'Etat américain a nié tout rôle dans le départ du suspect, précisant qu'Alexandrovitch « n'a pas invoqué d'immunité diplomatique » et qu'il a été libéré par décision d'un juge de l'Etat du Nevada. De son côté, le procureur du comté de Clark, Steve Wolfson, a affirmé que la libération n'avait rien d'exceptionnel : « La caution prévue pour ce type d'accusation est fixée à 10.000 dollars. Toute personne arrêtée dans ces conditions peut être libérée en s'en acquittant. » Mais pour la procureure fédérale par intérim, Sigal Chattah, les autorités locales ont commis une erreur grave : elles auraient dû confisquer le passeport du suspect. Elle réclame désormais son extradition afin qu'il réponde de ses actes devant la justice américaine. Une affaire au parfum diplomatique Cet épisode vient ajouter de la tension aux relations déjà complexes entre Washington, le mouvement MAGA et Israël, dans un contexte marqué par la guerre à Gaza et les débats sur l'ampleur du soutien américain à Tel-Aviv. Reste à savoir si la pression politique aboutira à une demande officielle d'extradition, ou si l'affaire se transformera en nouvel irritant diplomatique entre les deux alliés. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!