Jusqu'où ira le président américain ? Qui arrêtera le rouleau compresseur Donald Trump ? Après avoir tordu le bras de la Cour suprême pour faire sauter le verrou sur le Droit du sol, après avoir déterré un arsenal répressif du 18e siècle pour en finir avec les « criminels venus de l'étranger« et après rayé des tablettes les visas de 6000 étudiants étrangers, le républicain monte encore de plusieurs crans dans son combat contre tout ce qui n'est pas américain. Dans d'autres pays on appellerait ça sans hésiter de la xénophobie mais quand il s'agit de Trump on louvoie, on lambine... Un tour de vis sans précédent, au mépris des droits humains Le département d'Etat américain a fait savoir hier jeudi que les « plus de 55 millions d'étrangers qui détiennent actuellement un visa américain en cours de validité » subiront des « vérifications de manière continue« . L'administration Trump agite la menace de révoquer les visas de ceux qui auront le malheur d'être accusés d'infractions. Inutile de vous dire que les possibilités de recours sont quasiment nulles. Un responsable du département d'Etat, sous le sceau de l'anonymat, a indiqué que les autorités pourront annuler les visas « dès qu'il existe des indices d'une éventuelle inéligibilité« , cela peut aller du dépassement de la durée de séjour autorisée à des activités criminelles ou des entorses à la loi. Des délits tels que la conduite en état d'ivresse, des menaces supposées pour la sécurité publique et toute « forme quelconque d'activité terroriste ou de soutien à une organisation terroriste » font partie des motifs de révocation. « Dans le cadre de notre processus de vérification, nous examinons toutes les informations disponibles, y compris les dossiers des forces de l'ordre ou des services d'immigration, ainsi que toute autre information révélée après la délivrance du visa« , a indiqué le responsable dans un courrier électronique envoyé à des journalistes. C'est encore plus radical pour les chauffeurs routiers étrangers. « Nous suspendons toute délivrance de visas de travail pour les chauffeurs routiers commerciaux avec effet immédiat« , a fait savoir le secrétaire d'Etat, Marco Rubio, sur le réseau X. « Le nombre croissant de conducteurs étrangers conduisant de gros camions semi-remorques sur les routes américaines met en danger la vie des Américains et nuit aux moyens de subsistance des camionneurs américains« , a argué Rubio. Comme à leur habitude ni Rubio ni son administration n'ont communiqué des données pour sous-tendre cette accusation, comme du reste Trump l'avait durant sa campagne électorale avec les Sud-Américains qui dévorent les chiens. Rubio se contentera des bruits propagés par les partisans du président américain pour justifier l'éviction des chauffeurs étrangers... Ils regretteront Biden et son ministre musicien Beaucoup d'étrangers regretteront Joe Biden et son secrétaire d'Etat Antony Blinken, musicien à ses heures perdues. Un artiste ne peut pas avoir les mêmes emportements et se livrer aux mêmes excès que Rubio. Rappelons que dans un passé récent l'administration Trump fustigeait le fait que beaucoup de chauffeurs routiers étrangers ne parlent pas bien ou pas du tout la langue anglaise. Le terrible accident de la route en Floride le 12 août 2025 a apporté de l'eau au moulin des radicaux. Un chauffeur de semi-remorque en situation irrégulière est accusé d'avoir provoqué le décès de 3 personnes... Le conducteur, d'origine indienne, est accusé d'avoir débarqué clandestinement aux USA depuis le Mexique. Lors d'un entretien après le drame sur la route il aurait échoué à un test de compétences en anglais, d'après les autorités fédérales. L'administration Trump a exploité cet accident pour tirer copieusement sur le laxisme des autorités d'Etats démocrates en matière de délivrance de licences poids lourds. « La non-application des règles et des politiques extrémistes d'immigration ont fait basculer le secteur du transport routier dans l'anarchie, avec pour conséquence l'acquisition par des conducteurs étrangers non qualifiés de permis pour manœuvrer des véhicules de 40 tonnes« , a déclaré mardi dernier dans un communiqué le ministre des Transports, Sean Duffy... Mais les républicains n'ont pas attendu cet accident pour s'en prendre aux chauffeurs routiers étrangers, ils dénonçaient déjà une explosion du nombre d'accidents sans livrer aucun chiffre officiel. En juin dernier le ministre Sean Duffy avait donné pour instruction un contrôle strict du niveau des chauffeurs routiers en anglais. Il savait qu'il allait coincer beaucoup d'étrangers dans le lot, pour leur coller à peu près tout ce qu'il veut. Le fait est que l'économie américaine a besoin de ces chauffeurs pour tourner. Le hic pour les durs chez Trump c'est que la proportion de conducteurs nés à l'étranger a plus que doublé entre 2000 et 2021, pour se hisser à 720 000 d'après les chiffres officiels fédéraux. Plus de la moitié de ces chauffeurs viennent d'Amérique latine ; l'Inde et l'Europe de l'Est, notamment l'Ukraine, montent en puissance d'après des associations professionnelles du secteur. Au fond c'est cette «invasion» d'étrangers qui pose problème à ceux qui claironnent «America firt», un slogan simpliste qui ne répond à aucune des problématique sur les besoins du marché de l'emploi et de l'économie nationale.
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