Les prix du carburant ont atteint des niveaux proches de leurs records jeudi en Russie, selon les données de la bourse de Saint-Pétersbourg. Cette flambée intervient après une série d'attaques ukrainiennes contre des raffineries, venues frapper un secteur déjà sous tension en pleine saison estivale. Des prix proches des records historiques Les deux carburants les plus utilisés par les automobilistes russes, AI-92 et AI-95, se négociaient respectivement à 72.663 et 81.342 roubles la tonne (soit environ 774 et 866 euros). Ces chiffres s'approchent des sommets enregistrés par le marché pétrolier russe ces dernières années. La hausse est attribuée à plusieurs facteurs : la forte demande saisonnière liée aux vacances d'été, les travaux agricoles en cours, mais aussi les réparations et accidents dans plusieurs raffineries. À cela s'ajoutent les attaques ukrainiennes qui ont perturbé l'approvisionnement, affectant aussi bien le transport ferroviaire qu'aérien. Une stratégie ukrainienne de frappes ciblées Depuis le début du mois d'août 2025, l'Ukraine mène une nouvelle vague de frappes de drones contre les infrastructures énergétiques russes. Contrairement à 2024, où les attaques étaient dispersées, Kiev mise désormais sur des assauts massifs et répétés visant à mettre durablement hors service des installations stratégiques. Les raffineries d'Afipsky, Riazan et Saratov ont été ciblées, tandis que d'autres sites comme ceux de Volgograd, Samara et Oukhta ont subi des dégâts. Bien que Moscou n'ait pas officiellement reconnu l'ampleur des destructions, ces attaques fragilisent un réseau déjà sous pression. Une crise accentuée par des décisions internes Pour contenir la flambée, la Russie a suspendu en juillet ses exportations d'essence, une mesure prolongée pour septembre. Mais cette décision n'a pas permis de stabiliser les prix. Selon le courtier russe BKS, la crise est aggravée par l'absence de stocks stratégiques suffisants et par le manque d'incitations économiques pour les producteurs, conséquence du système de régulation imposé par l'Etat. La pénurie touche surtout le sud du pays, l'Extrême-Orient et les territoires ukrainiens occupés. Dans certaines stations-service, l'essence manque déjà, rappelant les précédents épisodes de crise de 2011, 2018 et 2021. Un marché encore sous contrôle mais sous tension Si la situation reste « complexe mais gérable », selon les analystes, le risque d'un déséquilibre durable n'est pas écarté. Le marché russe produit en moyenne 15 à 20 % de carburant de plus que la demande nationale, et le diesel, en surabondance, peut servir de tampon. Mais les attaques répétées fragilisent la chaîne d'approvisionnement. Le gouvernement russe envisage des mesures exceptionnelles : assouplissement temporaire des normes de production, recours accru aux mini-raffineries, voire un rationnement du carburant si la crise s'aggrave. La flambée actuelle du prix du carburant en Russie illustre la fragilité d'un secteur pourtant stratégique pour le pays, l'un des plus grands producteurs mondiaux de pétrole. Entre pressions extérieures liées à la guerre et contraintes internes, Moscou fait face à l'un des défis énergétiques les plus sérieux depuis le début du conflit en Ukraine. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!