En France, l'eurodéputée Rima Hassan est au centre de polémiques récurrentes qui lui valent une visibilité médiatique intense mais aussi un climat hostile. Militante engagée pour la cause palestinienne et élue sur les listes de La France insoumise, elle fait l'objet de critiques multiples, tant au niveau politique que médiatique et associatif. Pourtant, de l'autre côté de la frontière, en Belgique, elle connaît une forme de reconnaissance inattendue : la promotion 2025 de la faculté de droit et de criminologie de l'Université libre de Bruxelles (ULB) devrait porter son nom. En France, une vie politique marquée par les attaques Depuis son élection au Parlement européen, Rima Hassan subit une succession d'attaques. Sur le plan politique, plusieurs responsables, de droite comme de la majorité présidentielle, l'ont accusée d'« apologie du terrorisme » à la suite de ses prises de position du génocide palestinien par Israel. Quatre plaintes ont été déposées contre elle à ce titre. Elle est également visée par des plaintes pour menaces présumées envers la ministre française Prisca Thevenot et ses enfants, ainsi que contre l'eurodéputé François-Xavier Bellamy. Sur le plan médiatique, ses déclarations — notamment lorsqu'elle a affirmé que l'action du Hamas pouvait être jugée « légitime du point de vue du droit international » — sont régulièrement reprises et interprétées comme des propos radicaux. Ses opposants politiques et plusieurs éditorialistes l'accusent de porter un discours « clivant » et « incitant à la haine ». Au niveau associatif et universitaire, ses interventions sont souvent contestées. Plusieurs conférences ont été annulées sous prétexte de menaces pour l'ordre public, avant d'être rétablies par décision judiciaire. Si le Conseil d'Etat et le tribunal administratif de Paris ont rappelé à plusieurs reprises la protection de sa liberté d'expression, la tension autour de ses prises de parole reste forte. En Belgique, une reconnaissance étudiante En contraste avec ce climat français, la Belgique offre une autre image. Selon le quotidien La Libre Belgique, les étudiants de Master 2 de la faculté de droit et de criminologie de l'ULB ont choisi, par vote, de donner à leur promotion 2025 le nom de Rima Hassan. Une décision qui sera validée par le Conseil facultaire d'ici la fin août, comme le veut la tradition. Cette désignation s'est faite malgré une forte opposition : près de 1.300 personnes, dont 400 diplômés de la faculté, des personnalités politiques comme Sophie Rohonyi et Georges-Louis Bouchez, ainsi que des professeurs, avaient signé une lettre contre cette initiative. Les signataires dénonçaient son positionnement radical sur la Palestine, ses liens supposés avec certains régimes autoritaires et ses propos polémiques sur Israël. Ils jugeaient que l'associer symboliquement à une génération de juristes « heurterait de plein fouet les valeurs » de l'université. Malgré ces critiques, le vote étudiant illustre une forme de reconnaissance symbolique et militante de son parcours, et marque un contraste saisissant avec les attaques qu'elle subit en France. Entre rejet et valorisation Le cas Rima Hassan illustre la polarisation du débat européen autour de la guerre inhumaine perpétré par Israel et des libertés académiques. En France, elle est devenue l'une des figures les plus controversées du Parlement européen, régulièrement ciblée par ses adversaires politiques et relayée négativement dans les médias. En Belgique, elle est perçue par une partie de la jeunesse comme une figure de lutte et d'engagement, au point de donner son nom à une promotion de juristes. Cette dualité témoigne des fractures profondes qui traversent le débat public, où une personnalité peut être à la fois stigmatisée et honorée selon les contextes nationaux. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!