Les autorités iraniennes ont confirmé avoir perturbé volontairement les signaux GPS à l'échelle nationale, invoquant des raisons militaires et sécuritaires. Cette décision, qui s'inscrit dans le sillage du conflit de douze jours avec Israël, a bouleversé le quotidien de millions de citoyens, tout en révélant une réorientation stratégique vers des solutions technologiques non occidentales. Un brouillage pour raisons militaires Le ministère iranien des Communications a reconnu que la perturbation des signaux GPS avait pour objectif principal de contrer l'usage des drones et missiles guidés par satellite, devenus des armes de prédilection dans les guerres modernes. Le recours à ce type de brouillage a été particulièrement intensifié lors des offensives israéliennes, afin de désorienter les systèmes de navigation et limiter leur efficacité. Mais cette mesure défensive n'est pas sans conséquences : de nombreux civils, notamment des chauffeurs de taxis, sociétés de livraison et services logistiques, se plaignent de graves perturbations dans leur activité. Des erreurs de localisation, des retards et une désorganisation générale affectent la vie quotidienne, générant un climat d'agacement croissant. Vers la fin de la dépendance au GPS américain L'Iran ne cache plus son intention de réduire sa dépendance au système GPS, contrôlé par les Etats-Unis. Selon plusieurs médias spécialisés, Téhéran explore activement des alternatives : * BeiDou, le système de navigation satellitaire chinois, déjà utilisé dans plusieurs pays partenaires de Pékin, est le plus sérieusement envisagé. * GLONASS, le réseau russe, est également étudié dans le cadre des rapprochements stratégiques entre Téhéran et Moscou. Des discussions sont en cours pour équiper progressivement les secteurs clés (transport, agriculture, télécommunications) de terminaux compatibles avec ces systèmes, afin de contourner toute vulnérabilité technologique liée à l'Occident. Un choix technologique aux implications géopolitiques Ce basculement illustre une tendance plus large : l'Iran cherche à se libérer de l'influence occidentale et à renforcer son intégration dans un bloc technologique alternatif sino-russe. En privilégiant BeiDou ou GLONASS, Téhéran envoie un message politique clair : son indépendance numérique est un enjeu de souveraineté nationale. Toutefois, ce changement n'est pas exempt de défis. Adapter les infrastructures, moderniser les terminaux et former les utilisateurs nécessitera du temps et des investissements. Les perturbations actuelles montrent à quel point la transition pourrait être douloureuse pour les usagers. Ainsi, entre impératifs sécuritaires et contraintes civiles, l'Iran assume une politique de rupture technologique. En perturbant le GPS et en explorant des alternatives chinoises et russes, Téhéran veut se prémunir contre la vulnérabilité de sa défense et affirmer son indépendance stratégique. Reste à savoir si cette réorientation se traduira par une amélioration durable pour ses citoyens, ou si elle ouvrira une nouvelle ère de fractures technologiques entre l'Occident et ses rivaux. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!