Plus de cinquante ans après leur collecte, la NASA a ouvert et analysé des échantillons lunaires ramenés par la mission Apollo 17, offrant des révélations inédites grâce à des technologies modernes qui n'étaient pas disponibles dans les années 1970. Des échantillons préservés depuis Apollo 17 En décembre 1972, Apollo 17 — la dernière mission habitée vers la Lune — rapportait sur Terre des échantillons précieux, dont des dépôts brillants et inhabituels appelés « manteau léger », situés dans la vallée Taurus-Littrow. Restées scellées pendant plus d'un demi-siècle, ces roches viennent seulement d'être ouvertes dans le cadre du programme ANGSA (Apollo Next Generation Sample Analysis), qui mobilise les outils scientifiques les plus récents pour percer les mystères du sol lunaire en préparation des futures missions Artemis. Le mystère du « manteau léger » La composition de ce manteau lunaire intrigue les chercheurs depuis des décennies. Une hypothèse dominante suggère qu'il pourrait provenir de l'impact qui a formé le cratère Tycho, large de 85 km, dont les rayons de matière s'étendent sur de vastes zones. Mais selon la Dr Julia Magnarini, du Muséum d'histoire naturelle de Londres, une autre explication serait possible : le manteau léger pourrait être le résultat d'un gigantesque glissement de terrain, phénomène bien documenté sur Terre et sur Mars, mais encore unique sur la Lune. « J'ai étudié les glissements de terrain sur Terre et sur Mars, mais le manteau léger est actuellement le seul exemple connu sur la Lune », a-t-elle déclaré, ajoutant que leur mécanisme reste mal compris. La puissance des nouvelles technologies Lors du retour des échantillons dans les années 1970, les techniques d'analyse n'étaient pas en mesure d'en révéler la structure intime. Grâce aux scanners tomographiques modernes, similaires à ceux utilisés en imagerie médicale, les chercheurs peuvent désormais observer avec une précision inédite l'intérieur des roches et comprendre les processus qui les ont façonnées. Découverte clé : les « graviers » lunaires Parmi les résultats majeurs figure l'identification de petits fragments rocheux, ou « graviers », issus de la masse rocheuse méridionale. Ces débris, recouverts d'une fine couche de matière provenant d'eux-mêmes et non de l'environnement, suggèrent que les glissements de terrain lunaires se sont comportés comme des flux quasi liquides. Cette découverte éclaire la manière dont les matériaux peuvent parcourir de longues distances à la surface lunaire, malgré l'absence d'atmosphère et d'eau. Une vision tournée vers Artemis Pour la Dr Magnarini, le choix de la NASA de préserver une partie des échantillons pour les générations futures illustre une vision scientifique remarquable : « Ces échantillons ont été mis de côté pour être étudiés avec des méthodes qui n'existaient pas encore à l'époque. Aujourd'hui, cette décision porte ses fruits. » Ces analyses arrivent à point nommé, alors que la NASA prépare le programme Artemis, qui prévoit de ramener des astronautes sur la Lune d'ici 2027. Les données tirées des échantillons d'Apollo 17 serviront à orienter ces futures explorations et à enrichir notre compréhension de l'histoire et de la géologie lunaires. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!