Une capitulation, littéralement, face au rouleau compresseur américain, Donald Trump. Une affaire à plusieurs centaines de milliards de dollars que le président-milliardaire a mise en scène dans son somptueux golf en Ecosse. Passons sur le mélange plus que douteux entre intérêts privés et publics – ce n'est pas une première pour Trump -, passons sur cette humiliation subie par les 27 Etats membres de l'Union européenne (UE), passons sur les gros chèques qu'ils seront contraints de signer (ils se sont engagés sur 600 milliards de dollars en achats et investissements, chez Trump). Il y a pire pour les Européens. Si l'accord sur les droits de douane, « le plus gros accord commercial de tous les temps » (c'est Trump qui se vante d'avoir détroussé les Européens), s'en tenait aux aspects économiques et financiers, à la limite l'Europe ferait le dos rond en attendant que l'orage passe, mais il y a tout le reste. Le diable est dans les détails de ce dossier que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, portera comme une croix. Parmi les motifs d'inquiétude pour le Vieux continent il y a la sécurité routière. Washington reprochait aux pays européens, entre autres, de ne pas acheter les véhicules américains. Pourquoi voulez-vous que les Européens se payent des véhicules polluants, trop gourmands en carburant, plus chers et de moins bonne qualité ? Même les citoyens américains préfèrent les voitures européennes, surtout les allemandes. Trump a réussi le tour de force d'imposer aux Européens des produits dont ses concitoyens ne veulent pas. Les ONG disent « Attention danger » après la publication par la Commission européenne et Washington de la déclaration commune, la semaine dernière. Le document mentionne pour les automobiles la « reconnaissance mutuelle » des standards de chaque partie. L'association European Transport Safety Council (ETSC) rappelle que les voitures européennes et américaines ne pas soumises aux mêmes normes de sécurité… « Nous disposons désormais [dans l'UE] de technologies telles que le freinage d'urgence automatique, les tests de protection des piétons et les systèmes d'aide au maintien dans la voie« , commente Dudley Curtis, directeur de la communication d'ETSC. « Ce ne sont là que trois exemples de technologies obligatoires en Europe, mais non-obligatoires aux Etats-Unis« , ajoute-t-il… Mais voilà, avec cet accord commercial les USA, théoriquement, enjambent ces barrières pour exporter vers l'Europe plus de véhicules aux normes américaines. Ce n'est pas tout, il y aussi les autres dégâts collatéraux auprès des industriels opérant sur le sol européen. « Tous les autres fabricants, japonais, chinois, coréens et européens qui produisent en Europe, diront : si eux [les Etats-Unis] doivent respecter uniquement la norme américaine et que nous nous devons respecter la norme européenne, ce n'est pas équitable, cela créera une concurrence déloyale« , avertit Dudley Curtis. Clairement il y a des craintes quant à « une pression énorme pour abaisser les normes européennes. » Pour autant ETSC indique qu'il ne faut pas redouter une invasion de SUV ou pick-up américains dans les jours et semaines à venir, les procédures européennes et les débats politiques, toujours très vifs, s'étaleront… En attendant Dudley Curtis souligne qu'au « cours de la dernière décennie ou plus, le nombre de décès sur les routes aux Etats-Unis a augmenté, tandis qu'en Europe, il a diminué lentement, mais il a tout de même diminué« . Certes tous ces drames sont aussi la résultante de routes défectueuses (un fléau aux Etats-Unis), de comportements dangereux au volant ou d'addiction à l'alcool mais les normes de sécurité pèsent lourd sur la balance en Europe. Les USA ne peuvent pas en dire autant. Les véhicules américains en soi, vu leur infériorité à tous les niveaux, ne seront pas un danger pour les labels européens, en tout cas pas comme les voitures chinoises, si danger il y a c'est pour la sécurité des conducteurs. Reste à savoir si Trump sera courroucé par le fait que les consommateurs européens boudent ses voitures. Mais ça c'est une toute autre histoire, il se peut même que le républicain ne soit plus aux affaires quand le problème se posera.
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