Faut-il y voir les retombées directes des bombes larguées par les USA sur les installations nucléaires iraniennes ou la voie de la raison après que les Européens ont menacé de réactiver dès la fin de ce mois les sanctions économiques ? Ce qu'on sait c'est que le président iranien, le réformateur Massoud Pezeshkian, faisait les yeux doux aux Américains le mois dernier, avec la bénédiction de l'Ayatollah Ali Khamenei, même s'il n'en dira rien. Un développement spectaculaire s'est produit : les fameux inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sont «de retour en Iran». L'annonce a été faite par le patron de l'agence, Rafael Grossi. C'est la première fois qu'une telle visite se produit depuis début juillet 2025, date à laquelle Téhéran a fermé sa porte à l'organisme onusien. Mais avant leur départ les inspecteurs se plaignaient que les autorités iraniennes planquent des pans entiers de leur programme nucléaire, ce qui avait nourri le soupçon de projets de bombe atomique, malgré les réfutations de Téhéran. Les dénégations des Mollahs n'y ont rien fait, Israël, qui cherchait un prétexte pour frapper les sites iraniens, est intervenu dès la fin de l'ultimatum de 60 jours fixé par le président américain, Donald Trump. La guerre de 12 jours a meurtri les deux pays. Et la menace ne s'est pas définitivement éloignée, à en croire l'armement brandi par l'Iran il y a une semaine. La tonalité des derniers bruits est meilleure. Lors d'un entretien avec Fox News, diffusé hier, Rafael Grossi a déclaré ceci : «Maintenant, la première équipe d'inspecteurs de l'AIEA est de retour, et nous sommes sur le point de reprendre» les inspections. Pourtant Téhéran soutenait que l'AIEA est en partie responsable des attaques israéliennes et américaines. Le ton a changé semble-t-il... «L'Iran est membre du traité de non-prolifération nucléaire donc ils doivent avoir des inspections», a martelé Grossi, qui rappelle que de «nombreuses installations» sont nichées dans le pays. «Certaines ont été attaquées, d'autres non. Donc nous discutons du type (…) de modalités pratiques qui peuvent être mises en place pour faciliter la reprise de notre travail là-bas», a-t-il indiqué sur la chaîne américaine. Des confidences qui mettent en mal les affirmations péremptoires de Trump sur la destruction totale du programme nucléaire iranien. Les Européens aussi ont douté fortement des informations officielles lâchées par Washington et que le directeur du Renseignement militaire avait nuancées dans son rapport. Trump et le secrétaire à la Défense n'ont pas aimé, Jeffery Kruse vient d'être limogé. Grossi confirme, entre les lignes, que l'homme disait vrai. Le directeur de l'AIEA souligne qu'il est «indispensable» que ses inspecteurs aient un œil sur l'Iran. «Sans notre présence sur place pour vérifier ce qu'il se passe, il n'est pas possible d'entrer dans des négociations sérieuses», soutient-il. Mais pour les Mollahs «le retour en Iran des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ne marque pas une reprise complète de la coopération en matière de nucléaire avec Téhéran»... Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, cité par la télévision d'Etat, affirme qu'«aucun texte définitif n'a encore été approuvé concernant le nouveau cadre de coopération avec l'AIEA et des échanges sont en cours». Ce qui est certain c'est que le dialogue avec les Européens bat son plein à Genève, en Suisse. Hier mardi Téhéran a déclaré qu'il «négocie de toutes ses forces» pour éviter le retour des punitions prévues par l'Accord scellé en 2015 à Vienne et que Trump a sabré.
Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!