Le bras de fer entre l'exécutif et le législatif aux Etats-Unis connaît un nouvel épisode. Le président Donald Trump a demandé ce vendredi au Congrès de geler 4,9 milliards de dollars de financements destinés à l'aide internationale, a annoncé la Maison-Blanche. Cette mesure s'appuie sur un mécanisme exceptionnel appelé « rescission pocket » (ou « annulation budgétaire temporaire »), qui autorise le président à suspendre des crédits non encore engagés en fin d'année fiscale. Si le Congrès ne se prononce pas dans un délai de 45 jours, ces fonds expirent automatiquement. Cette procédure n'avait plus été utilisée depuis 1977. Des programmes de coopération directement visés Le gel envisagé concernerait des programmes relevant du département d'Etat et de l'Agence américaine pour le développement international (USAID), ainsi que la contribution de Washington aux opérations de maintien de la paix de l'ONU et à plusieurs initiatives mondiales liées à la démocratie et au développement. Depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier, Donald Trump a déjà suspendu plusieurs milliards de dollars d'aides internationales et procédé à la dissolution officielle de l'USAID, désormais intégrée au département d'Etat. Or, cette agence, créée en 1961, constituait jusqu'ici l'un des principaux instruments de la diplomatie américaine, finançant des programmes de santé, d'éducation et de gestion des crises humanitaires dans plus de 120 pays. Des risques humanitaires pointés par les experts Du côté des démocrates, la décision est dénoncée comme un coup porté à la diplomatie américaine et aux relations internationales. Ils avertissent que cette stratégie pourrait fragiliser les négociations budgétaires à venir pour éviter un possible blocage de l'Etat fédéral après le 30 septembre, date de clôture de l'exercice fiscal. Les inquiétudes dépassent le champ politique. Une étude internationale publiée en juillet a estimé que l'arrêt du financement américain des programmes d'aide pourrait provoquer la mort de plus de 14 millions de personnes vulnérables d'ici 2030, dont un tiers d'enfants, faute d'accès aux soins, à la nutrition ou aux services humanitaires. Cette décision, qui place de nouveau Donald Trump sur une ligne de confrontation directe avec le Congrès, ouvre une bataille institutionnelle aux répercussions mondiales. Si elle devait aboutir, elle marquerait un recul majeur de l'influence américaine à travers sa diplomatie humanitaire, longtemps considérée comme l'un des piliers de la puissance douce des Etats-Unis. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!