Un mouvement coordonné a été observé dans plusieurs pays du Golfe après la décision de la Réserve fédérale américaine de réduire son taux directeur de 0,25 point, fixant désormais la fourchette entre 4 % et 4,25 %. Ce premier assouplissement monétaire de l'année 2025 a entraîné des baisses immédiates de taux dans la région, visant à soutenir les économies locales. Selon un rapport publié par Al Jazeera Net, ces ajustements traduisent la volonté des pays du Golfe de maintenir la stabilité financière et de stimuler les investissements face aux incertitudes mondiales. Le Qatar en tête du mouvement La Banque centrale du Qatar a été la première à annoncer sa décision. Le taux de dépôt a été ramené à 4,375 %, le taux de prêt à 4,85 % et le taux de rachat à 4,6 %, applicables dès le jeudi 18 septembre. L'institution a précisé que cette mesure vise à « renforcer l'environnement de financement et fournir davantage de liquidité pour soutenir l'activité économique locale ». En Arabie saoudite, la Banque centrale (SAMA) a réduit le taux des accords de rachat (repo) de 25 points de base à 4,75 %, et le taux du repo inversé à 4,25 %. Aux Emirats arabes unis, la Banque centrale a également abaissé son taux directeur de 25 points, le fixant à 4,15 %, d'après Gulf News. Le Koweït a, de son côté, annoncé un abaissement de son taux d'escompte à 3,75 %, tandis que Bahreïn a réduit le taux de dépôt au jour le jour à 4,75 %. Ces mesures visent toutes à accroître la liquidité et à encourager l'emprunt au niveau national. Quelles sont les raisons ? Les banques centrales du Golfe réduisent leurs taux d'intérêt après la Fed, car la plupart de leurs monnaies sont arrimées au dollar. Suivre Washington permet de préserver cette parité et d'éviter des mouvements spéculatifs qui fragiliseraient leurs devises. C'est aussi une façon de stabiliser les taux interbancaires et le coût du financement en dollar, très utilisé par les banques locales. Si elles ne s'alignaient pas, elles risqueraient de voir des flux massifs de capitaux entrer ou sortir, ce qui déstabiliserait leurs marchés. Ces baisses de taux se traduisent par un crédit moins cher pour les entreprises et les ménages, ce qui stimule l'investissement, la consommation et les secteurs non pétroliers. En même temps, elles envoient un signal de confiance aux investisseurs : le Golfe reste une zone financière stable, attractive et prévisible. Certaines nuances existent : le Koweït, dont la monnaie est liée à un panier dominé par le dollar, garde une marge de manœuvre légèrement plus large, et chaque pays ajuste selon ses priorités locales (inflation, immobilier, emploi). Mais globalement, l'ancrage au dollar rend la synchronisation avec la Fed incontournable. Contexte américain et pressions politiques Ces décisions suivent l'annonce de la Fed, qui a réduit ses taux pour la première fois en 2025 dans un climat de tensions politiques. Le président américain Donald Trump a publiquement critiqué le président de la Fed, Jerome Powell, le qualifiant de « trop lent », et appelant à une baisse plus marquée, jusqu'à 1 %. Ce bras de fer a ravivé les inquiétudes concernant l'indépendance de la banque centrale face aux pressions politiques. Les analystes estiment que cette vague de réductions de taux devrait alléger le coût de l'emprunt pour les entreprises et les particuliers, stimulant ainsi l'investissement, la consommation et la croissance des secteurs non pétroliers. La coordination des politiques monétaires au sein du Golfe apparaît également comme un signal rassurant pour les marchés, renforçant la confiance des investisseurs dans la stabilité et l'attractivité de la région. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!