Un pays malade économiquement, un système de santé qui l'est encore plus. Ceux qui regardent le Royaume-Uni avec des yeux de Chimène ne s'imaginaient pas que ses propres enfants le quittent. Le pire dans cette affaire est que ceux qui partent sont ceux dont les Britanniques ont le plus besoin : les médecins… Ceux qui rêvent du royaume de Charles III doivent le savoir : Le pays n'est plus un paradis. Les tourments des dizaines de milliers d'étrangers que le gouvernement travailliste – d'obédience socialiste dit-on – s'apprête à mettre dehors montre l'ampleur du désenchantement, mais il y a pire comme indicateur. L'an dernier plus de 4000 médecins recrutés par le système de la santé publique ont filé pour aller travailler à l'étranger… On n'a jamais vu ça depuis une décennie, souligne The Telegraph. Le journal pointe une "fuite des cerveaux" qui a un lourd impact sur la qualité des soins. Pourtant pour avoir le droit d'exercer à l'étranger les praticiens britanniques doivent impérativement obtenir un certificat délivré par le General Medical Council (GMC). Mais ce filtre ne retient personne. Le quotidien avait déjà signalé le nombre conséquent de demandes déposées auprès de l'organisme durant l'année 2023 : au total 8661. Ce record est tombé l'an dernier : 10 685 demandes ont été réceptionnées. Le fléau est une illustration de l'"état critique" de la santé publique, le « National Health Service » (NHS), depuis des années. C'est le lord Ara Darzi, titulaire d'une chaire de chirurgie à l'Imperial College de Londres et auteur d'un rapport sur le sujet, qui l'a dit. "Les médecins sont confrontés à des difficultés liées à l'épuisement professionnel, à une charge de travail élevée et au stress lié au fait de ne pas pouvoir fournir des soins de qualité. Prodiguer des 'soins de couloir' [en attendant que des lits se libèrent pour leurs patients] leur paraît dangereux", témoigne une chercheuse. Le rapport de lord Darzi souligne aussi des ratés terribles dans la formation. "Un médecin sur trois déclare avoir du mal progresser dans sa carrière en raison du manque de personnel assurant la formation au sein du NHS". Et puis il y a les conflits sociaux récurrents, entre les internes et le ministère de la Santé. En juillet dernier une grève de 5 jours avait bloqué une pléthore de services, rappelle le journal. Il y a tellement de départs à l'étranger que le NHS est contraint de solliciter des médecins… étrangers. Près d'un tiers du personnel médical vient d'un autre pays alors que les Britanniques prennent la direction de l'Australie principalement, qui offre de meilleurs salaires et une meilleur équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle. Une petite nouveauté : "L'année dernière un grand nombre d'entre eux ont également choisi de s'installer au Canada et en Irlande". Voilà, tout sauf le Royaume-Uni. « Les temps changent (…), à l'époque c'était différent, maintenant c'est différent« , pour paraphraser un célèbre rappeur français.
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