Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a actualisé sa base recensant les entreprises opérant dans les colonies israéliennes illégales en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. La nouvelle liste inclut 158 sociétés, dont 138 israéliennes et 20 étrangères. Le Haut-Commissaire Volker Türk a souligné la responsabilité particulière des entreprises dans les zones de conflit, appelant celles qui sont impliquées à prendre des mesures de réparation. Publiée pour la première fois en 2020 à la suite d'une résolution du Conseil des droits de l'homme de 2016, cette liste avait souffert d'un manque de mises à jour régulières. En 2023, elle ne comportait que 97 sociétés. La révision 2025 marque donc un tournant. Des multinationales pointées du doigt Selon les Nations unies, plusieurs multinationales contribuent directement ou indirectement au développement des colonies, en contradiction avec le droit international. Leurs activités couvrent notamment les secteurs du tourisme, de la construction, des télécommunications et de l'immobilier. 1- Booking Holdings (Pays-Bas) * Valeur boursière : 179,8 milliards $. * La filiale Booking.com propose sur sa plateforme des centaines d'hébergements situés dans les colonies israéliennes, ce qui contribue à renforcer le tourisme dans ces zones contestées. 2- Motorola Solutions (Etats-Unis) * Valeur boursière : 76 milliards $. * Fournisseur exclusif du réseau cellulaire sécurisé de l'armée israélienne, la société équipe également les colonies en systèmes de surveillance sophistiqués comme le MotoEagle, utilisé pour contrôler les mouvements autour des implantations. 3- Airbnb (Etats-Unis) * Valeur boursière : 75,7 milliards $. * Malgré des engagements antérieurs, la plateforme continue de proposer des logements dans les colonies israéliennes, y compris à Jérusalem-Est. 4- Heidelberg Materials (Allemagne) * Valeur boursière : 40,9 milliards $. * Leader mondial des matériaux de construction, l'entreprise allemande est accusée d'exploiter des carrières et de fournir du ciment pour les chantiers dans les territoires occupés. 5- Expedia Group (Etats-Unis) * Valeur boursière : 27,57 milliards $. * La société, qui détient Hotels.com, Trivago et Vrbo, est accusée par Amnesty International de faciliter le tourisme dans les colonies via des annonces explicites. 6- ACS (Espagne) * Valeur boursière : 20 milliards $. * Géant du BTP, l'entreprise espagnole participe à des projets d'infrastructure liés aux colonies, comme le train rapide Tel-Aviv-Jérusalem passant par des terres palestiniennes. 7- Metrontario (Canada) * Valeur estimée : 14,4 milliards $. * Actif dans l'immobilier, ce groupe participe à des constructions dans des quartiers de Jérusalem-Est et détient des points de distribution dans les colonies de Cisjordanie. 8- Fosun International (Chine) * Valeur boursière : 5,69 milliards $. * Le conglomérat détient AHAVA Dead Sea Laboratories, dont une partie de la production est liée à des ressources prélevées en Cisjordanie occupée. 9- Egis (France) * Non cotée en bourse. * Par le biais de sa filiale Egis Rail Israel, la société française fournit des services d'ingénierie et de conseil à des projets d'infrastructures dans Jérusalem et les colonies israéliennes. 10- TripAdvisor (Etats-Unis) * Valeur boursière : 1,99 milliard $. * La plateforme référence des hébergements et activités situées dans les colonies, permettant aux touristes d'y réserver comme s'il s'agissait de destinations classiques. Répartition géographique des entreprises étrangères Parmi les 20 multinationales recensées dans la base de données de l'ONU, on retrouve : * Etats-Unis : 6 sociétés (Airbnb, Booking Holdings, Expedia, Motorola, Re/Max, TripAdvisor). * Espagne : 4 sociétés (ACS, CAF, Ineco, SEMI). * France : 2 sociétés (Egis, Egis Rail). * Royaume-Uni : 2 sociétés (Greenkote, JCB). * Canada : 1 société (Metrontario). * Chine : 1 société (Fosun International). * Allemagne : 1 société (Heidelberg Materials). * Pays-Bas : 1 société (Booking.com B.V). * Portugal : 1 société (Steconfer). * Luxembourg : 1 société (Altice International). L'ONU insiste sur le fait que les activités économiques dans les colonies renforcent l'occupation israélienne et constituent une violation du droit international. Les entreprises concernées sont désormais appelées à réévaluer leurs activités et à mettre en œuvre des mesures de retrait. Alors que la pression des organisations de défense des droits humains s'intensifie, la question demeure : ces géants mondiaux privilégieront-ils leurs profits ou leur responsabilité éthique ? Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!