Le Bundestag (Parlement allemand) a voté, mercredi, l'annulation du programme de naturalisation rapide, marquant un revirement notable de la politique migratoire au sein de la première puissance économique d'Europe, confrontée pourtant à une pénurie persistante de main-d'œuvre. Un engagement électoral des conservateurs Les conservateurs, dirigés par le chancelier Friedrich Merz, avaient promis durant la campagne électorale de cette année de supprimer la mesure permettant aux étrangers « particulièrement bien intégrés » d'obtenir la nationalité allemande au bout de trois ans, au lieu de cinq. Cette disposition avait été introduite dans le but d'attirer des travailleurs qualifiés et de faciliter leur installation durable en Allemagne. Le passeport allemand, symbole d'intégration réussie S'exprimant devant le Parlement, le ministre de l'Intérieur Alexander Dobrindt a justifié cette décision en affirmant : « Le passeport allemand doit être la reconnaissance d'une intégration réussie, et non une incitation à l'immigration illégale. » Ce discours illustre le durcissement du ton gouvernemental face à la question migratoire, dans un contexte où l'opinion publique se montre de plus en plus sensible aux enjeux liés à l'identité et à la sécurité intérieure. Un dispositif peu utilisé malgré un record de demandes En 2024, l'Allemagne a enregistré un record de 300 000 demandes de naturalisation, mais seules quelques centaines ont été acceptées dans le cadre de la procédure accélérée. Ce programme visait initialement à récompenser les parcours exemplaires en matière d'intégration, en valorisant des réalisations comme la maîtrise de la langue allemande, le volontariat, ou encore les réussites professionnelles et académiques. Sa suppression marque un tournant politique et symbolique : l'Allemagne, longtemps considérée comme un pays ouvert à l'immigration de compétences, semble désormais opter pour une approche plus restrictive, privilégiant le contrôle et la rigueur administrative à la flexibilité. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!