Les effluves du Prix Nobel de la Paix, parce que le président américain aurait sauvé Gaza ou plutôt le peu qui en reste. Ça leur monte tous au nez, un peu trop d'ailleurs, à commencer par Donald Trump. Heureusement, pour nos yeux et nos oreilles, que cette affaire sera réglée ce vendredi 10 octobre, à Oslo, en Norvège. D'ici là on devra encore supporter cette musique lancinante et franchement de très mauvais goût, avec tous ces cadavres encore fumants laissés derrière lui – et ce n'est pas terminé – par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. De toute évidence Trump ne l'aura pas, sauf à considérer qu'on peut effacer, comme par enchantement, la violence qu'il a imposée dans les rapports de force, dans son rapport au monde – les droits de douane -, sa brutalité avec les citoyens américains et les étrangers. S'il reste encore un peu d'Humanisme dans cette planète, si le Prix Nobel a conservé une once des idéaux qui lui ont donné naissance, cette haute distinction ne trônera pas à la Maison-Blanche. On en restera à Barack Obama. Mais il y en a un qui y croit encore – mis à part Trump -, en tout cas il donne l'impression d'y croire ou fait mine de… : le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi. Il a déclaré lors d'un entretien téléphonique avec son homologue américain que ce dernier «mérite le prix Nobel de la paix» pour son action résolue en faveur de la conclusion d'un cessez-le-feu à Gaza… Que Netanyahu sorte les violons pour son parrain américain, à la limite ça s'entend vu tous les crimes sur lesquels Washington a fermé les yeux, mais qu'al-Sissi se prête à ce jeu, là franchement… Le Premier ministre israélien qui d'ailleurs a été le seul dans le monde entier, à notre connaissance, à écrire au Comité Nobel pour se faire l'avocat de Trump, comme si le criminel de guerre qu'il est, traqué par la CPI, pouvait avoir voix au chapitre. Cette lettre, qu'il avait remise au président américain devant les caméras, sent le souffre ; cela aurait dû convaincre al-Sissi qu'il fallait éviter ces sentiers, mais Non. Ce qui est certain c'est que le président égyptien lui ne l'aura jamais, le Nobel. Tout le monde se souvient comment il avait fermé ses portes aux Palestiniens, comment il triait ceux qui se présentaient à ses frontières, entre les Occidentaux qui passaient et les autres… Personne n'a oublié les chaudes larmes de cet infirmier britannique et tous les autres que les soldats d'al-Sissi ont empêché d'aller réconforter les Gazaouis qui mourraient par dizaines, quotidiennement. On n'oubliera jamais. L'Envoyé spécial américain Steve Witkoff a confié ce jeudi que son président devrait prendre la direction du Caire la semaine prochaine, à l'invitation de son homologue égyptien, après la signature d'un accord sur Gaza. «Le président est vraiment ravi à l'idée de venir en Egypte, et il est prévu qu'il vienne la semaine prochaine», a ajouté Witkoff lors d'un entretien avec al-Sissi, dont la vidéo a été mise en ligne par la présidence égyptienne. Le communiqué officiel dit que Trump a été invité à «participer à la cérémonie qui se tiendra en Egypte pour célébrer l'accord de cessez-le-feu sur Gaza, dont seule la première phase a été approuvée lors des négociations à Charm el-Cheikh». On savait que l'invitation avait été lancée depuis hier soir, mais manifestement l'affaire a pris de l'épaisseur ce 9 octobre… Bon, Trump est moins affirmatif depuis le Bureau ovale, il a précisé qu'il «essaiera» d'aller en Egypte pour cette cérémonie que concocte al-Sissi, son grand moment diplomatiques après les longs silences coupables sur les morts de Gaza, comme tous ses autres pairs des pays du Golfe. Pour eux aussi personne n'a oublié. Mais on peut compter sur al-Sissi pour tout tenter afin que Trump descende sur la terre des Pharaons, qui d'ailleurs inspireront certainement l'Américain. Le tout premier voyage officiel du républicain en Afrique ça vaut bien quelques flagorneries sur le Prix Nobel de la Paix, non ?
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