Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a révélé, jeudi 9 octobre 2025, l'existence d'un projet israélien visant à bombarder le Club des Pins à Alger en 1988, à l'époque de la proclamation de l'Etat de Palestine. C'est la première fois en trente-sept ans qu'un responsable algérien évoque publiquement cette affaire, longtemps restée dans le domaine des rumeurs. Une menace ignorée par l'Algérie pour défendre la Palestine S'exprimant lors d'une allocution au ministère de la Défense nationale, Abdelmadjid Tebboune a rappelé que la proclamation de l'Etat palestinien en novembre 1988 s'était tenue au Club des Pins, à Alger, dans un contexte de menaces sécuritaires majeures. « C'est ici que l'Etat palestinien a été proclamé, avec tous les dangers qu'il y avait à l'époque. Vous, les officiers, êtes au courant des menaces qui étaient ourdies contre l'Algérie, y compris le bombardement du Club des Pins », a déclaré le chef de l'Etat devant les cadres de l'Armée nationale populaire (ANP). Tebboune a ajouté que l'Algérie n'avait pas reculé, malgré les risques. « Nous n'avons aucun intérêt, sauf notre conscience vis-à-vis d'un peuple qui se bat contre la colonisation », a-t-il insisté, soulignant que le soutien algérien à la cause palestinienne ne relevait pas de la diplomatie, mais d'un devoir moral et historique. Réponse aux tentatives de réécriture de l'histoire Le président algérien a également réagi aux récentes polémiques médiatiques visant à minimiser le rôle historique de l'Algérie dans la défense de la Palestine et du monde arabe. Fin septembre, la chaîne Al Arabiya avait diffusé un faux enregistrement sonore attribué à Gamal Abdel Nasser, prétendant que le dirigeant égyptien minimisait la participation algérienne à la guerre des Six Jours en 1967. En réaction, l'Agence de presse algérienne (APS) avait dénoncé « une tentative de travestir l'Histoire et de semer la discorde entre Alger et Le Caire », s'interrogeant : « Qui a peur d'une entente parfaite entre Alger et Le Caire ? » Tebboune a renchéri : « Nous n'avons besoin de la reconnaissance de personne, notre conscience nous suffit. Les Palestiniens eux-mêmes témoignent que les Algériens ont combattu en Palestine dès 1948. » Une fidélité constante à la cause palestinienne Le président a rappelé que l'Algérie a accueilli Yasser Arafat et les dirigeants palestiniens en 1982, avant de soutenir la proclamation de l'Etat de Palestine six ans plus tard à Alger. « Personne ne peut nous faire de surenchère. Nous n'attendons pas de gratification pour ce que nous avons fait. C'est un devoir, dans la continuité du message de nos martyrs », a-t-il déclaré. Tebboune a aussi mis en avant le rôle clé de l'Algérie à l'ONU, qui a œuvré pour l'admission de la Palestine comme membre observateur, et son engagement au Conseil de sécurité pour défendre la cause palestinienne. « Pour nous, la solution, c'est un Etat palestinien avec Al-Qods comme capitale. Notre position n'a pas changé et ne changera pas », a-t-il tranché. Une dénonciation du génocide à Gaza Evoquant la guerre en cours à Gaza, Abdelmadjid Tebboune a condamné le génocide commis sous les yeux du monde : « Pour la première fois dans l'histoire, toute l'humanité a suivi en direct une tuerie où, chaque jour, des bâtiments s'effondrent sur leurs habitants. » Cette prise de parole réaffirme la position ferme et historique de l'Algérie en faveur de la cause palestinienne, perçue comme un symbole de solidarité arabe et de souveraineté politique face aux pressions extérieures. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!