Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a adressé un message clair, voire tranchant, à propos d'une éventuelle médiation saoudienne visant à rétablir les relations diplomatiques entre l'Algérie et le Maroc, rompues depuis août 2021. Lors d'une allocution prononcée devant les hauts gradés de l'armée algérienne, le chef de l'Etat a affirmé : « Il y a des frères, animés de bonne foi, qui nous demandent de rouvrir les frontières avec le Maroc. Les frontières n'ont pas été fermées à cause du Sahara occidental, mais pour d'autres raisons. Sur les 63 années d'indépendance, nos frontières ont été fermées pendant plus de 45 ans. Il faut être réaliste et cesser d'inventer des mensonges. » Cette déclaration, au ton ferme, réaffirme la position d'Alger face à toute tentative de réconciliation, en dépit des efforts diplomatiques de Riyad. Les propos du président Tebboune interviennent alors que circulent des informations sur une nouvelle tentative saoudienne de médiation entre Alger et Rabat. Le lundi 6 octobre 2025, le chef de l'Etat algérien a reçu l'ambassadeur saoudien à Alger, Abdullah ben Nasser Al Bussairy, porteur d'une lettre du prince héritier Mohammed ben Salman. Le lendemain, le roi Mohammed VI accordait à son tour une audience au prince Turki Ben Mohammed Ben Fahd Ben Abdelaziz Al Saoud, ministre d'Etat et membre du Conseil des ministres saoudien, porteur d'un « message verbal » de Mohammed Ben Salman. Des antécédents de refus de médiation En décembre 2022, il avait déjà écarté toute possibilité d'intervention étrangère dans la crise algéro-marocaine, déclarant qu'« aucun pays ne peut se poser en médiateur entre le Maroc et l'Algérie ». Les relations diplomatiques entre les deux voisins du Maghreb sont rompues depuis août 2021, sur fond de désaccords profonds autour du dossier du Sahara occidental, mais aussi d'accusations réciproques d'ingérence et d'hostilité politique. Depuis lors, les frontières terrestres restent fermées, et les tentatives régionales de rapprochement, qu'elles émanent du monde arabe ou de partenaires africains, n'ont abouti à aucun résultat concret. La déclaration du président Tebboune traduit la continuité de la doctrine diplomatique algérienne, marquée par le refus des pressions externes et la priorité donnée à la souveraineté nationale. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!