Le Liban s'apprête à porter l'affaire devant les Nations unies. Dimanche, le Premier ministre Nawaf Salam a demandé au ministre des Affaires étrangères, Youssef Raji, de déposer une plainte urgente auprès du Conseil de sécurité au sujet des frappes aériennes israéliennes menées dans la nuit de samedi à dimanche, et visant selon Beyrouth des « infrastructures civiles et commerciales » dans le sud du pays. Dix frappes ont touché six sites d'exposition de pelles-mechanique et bulldozers le long de la route de la localité de al-Massalih, causant la destruction de 300 engins et véhicules. Le ministère de la Santé libanais fait état d'un mort, de nationalité syrienne, et de sept blessés, dont deux femmes. Salam a déclaré que cet « acte d'agression » constitue une violation flagrante de la résolution 1701 du Conseil de sécurité et des modalités de cessez-le-feu adoptées en novembre 2024. La résolution 1701, votée à l'unanimité en 2006, avait pour objectif de mettre fin aux hostilités entre Israël et le Hezbollah, en instituant notamment une zone tampon et un arrêt permanent des combats. Des accusations croisées, des tensions ravivées Beyrouth a fermement dénoncé les frappes. L'armée israélienne, pour sa part, a affirmé qu'elles visaient des structures du Hezbollah servant à stocker des engins lourds, utilisés pour reconstruire des infrastructures en territoire libanais dans un contexte qualifié d'« activités terroristes ». Le Hezbollah a rejeté ces allégations, estimant que les attaques étaient ciblées contre des civils et des infrastructures économiques, et a appelé l'Etat libanais à adopter une position « ferme » contre ces actions. Le président libanais Michel Aoun a lui aussi condamné l'attaque, soulignant son caractère inacceptable, d'autant qu'elle survient peu après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu à Gaza. Il a mis en garde contre un possible élargissement du conflit au Liban, où la population craint le regain des hostilités. Le Hezbollah a dénoncé une « escale de la guerre » et exigé que l'Etat protège les civils. Entre cessez-le-feu et violations continues L'histoire récente du Liban est marquée par des cycles de conflit et de trêves. En octobre 2023, une offensive israélienne s'est transformée en guerre à grande échelle contre le Liban, faisant plus de 4 000 morts et 17 000 blessés. En novembre 2024, un accord a permis l'instauration d'un cessez-le-feu officiel entre Israël et le Hezbollah. Depuis, selon le Liban, Israël a violé cet accord plus de 4 500 fois, causant de nouveaux morts et blessures. Paradoxalement, l'occupation israélienne de cinq collines libanaises conquises en 2024 se poursuit, aux côtés d'autres zones que l'Etat hébreu contrôle depuis des décennies. Ces occupations territoriales continuent de cristalliser tensions et critiques, et rendent l'équilibre fragile dans le sud du Liban toujours plus précaire. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!