L'implication croissante de la France dans la cause palestinienne suscite de nombreuses interrogations. Alors que la France a longtemps entretenu des relations privilégiées avec Israël, elle semble aujourd'hui redéfinir son rôle vis-à-vis du conflit israélo-palestinien. Depuis l'intensification de son activité diplomatique en faveur de la Palestine, l'adhésion au principe de la solution à deux Etats, jusqu'à la proposition du président Emmanuel Macron d'organiser une conférence internationale sur Gaza après la guerre, la France marque un tournant stratégique important dans sa politique étrangère. Une stratégie d'engagement sous Emmanuel Macron L'engagement récent de la France envers la Palestine ne se limite pas à un simple changement de discours, mais s'inscrit dans une volonté de la part de la France de réaffirmer son rôle diplomatique sur la scène internationale. Depuis le début de son mandat, Emmanuel Macron a adopté une politique étrangère plus proactive, visant à renforcer la position de la France dans les grandes affaires internationales. Concernant la Palestine, cette stratégie inclut une approche plus active pour pousser à une solution de paix, marquée par un soutien accru à l'Autorité palestinienne et un soutien aux résolutions des Nations Unies. Macron a également pris l'initiative d'appeler à une conférence internationale pour discuter de la situation à Gaza après la guerre. Ce geste témoigne d'une volonté de jouer un rôle clé dans la réactivation des négociations de paix, mais aussi de rehausser le profil diplomatique de la France dans un contexte où les Etats-Unis, sous Donald Trump, ont montré des signes de réorientation de leur politique au Moyen-Orient. La France, un médiateur stratégique Dans son analyse de l'évolution de la politique française, le ministre et diplomate tunisien Ahmed Ounaies a expliqué que cette nouvelle dynamique repose sur une stratégie claire : celle de la France de se positionner comme un médiateur de premier plan. « La France cherche à jouer un rôle d'équilibre et à se détacher de l'influence directe des Etats-Unis dans la région », souligne Ounaies. Selon lui, cette volonté de se positionner en tant que médiateur ne serait pas uniquement motivée par des considérations idéologiques, mais aussi par des objectifs stratégiques : « La France, face à l'isolement croissant des Etats-Unis, cherche à renforcer sa place en tant qu'acteur clé dans la diplomatie internationale, tout en gagnant la sympathie et l'appui des pays arabes, dont la Palestine est une cause majeure. » Une réévaluation du rôle traditionnel de la France vis-à-vis d'Israël Un autre aspect crucial de cette évolution est la réévaluation par la France de ses relations avec Israël. Auparavant perçue comme un allié de Tel Aviv, la France semble désormais adopter une position plus équilibrée, en cherchant à concilier ses relations avec Israël tout en soutenant les droits des Palestiniens. Ounaies rappelle que la France, à travers ses prises de position récentes, a signifié son soutien à la création d'un Etat palestinien, tout en appelant Israël à respecter les résolutions internationales concernant les frontières et les droits des Palestiniens. Ce changement s'inscrit dans un contexte international où de nombreux pays européens, dont la France, jugent désormais nécessaire de réorienter leur politique au Moyen-Orient pour ne pas apparaître comme complices d'une occupation israélienne continue. France et compétition diplomatique internationale : un rôle à jouer au Moyen-Orient L'implication croissante de la France dans le processus de paix israélo-palestinien pourrait aussi être vue comme une réponse aux ambitions de plusieurs puissances internationales, notamment la Chine et la Russie, qui cherchent à influencer davantage la politique du Moyen-Orient. Selon Ounaies, « la France cherche à jouer un rôle de contrepoids face à la montée en puissance de ces pays dans la région, tout en consolidant ses liens avec les pays arabes, notamment ceux du Golfe, qui voient dans la Palestine un pilier de leur politique régionale ». Ce désir de renforcement de l'influence française au Moyen-Orient se manifeste également par un soutien actif aux efforts de paix menés par les Nations Unies et par une coopération avec des acteurs européens clés, en particulier l'Allemagne et le Royaume-Uni, pour faire pression sur Israël. L'avenir : un rôle d'arbitre dans un conflit complexe Enfin, Ounaies avertit que l'engagement français dans la cause palestinienne comporte des risques. Si la France réussit à s'impliquer de manière significative, elle devra éviter de tomber dans une polarisation excessive, entre un soutien indéfectible à Israël et un soutien aux droits des Palestiniens. La France pourrait ainsi avoir à naviguer entre les attentes des pays arabes et ses relations stratégiques avec Israël, un défi diplomatique majeur dans un contexte international de plus en plus complexe. En conclusion, l'orientation prise par la France vis-à-vis de la Palestine semble marquer un tournant dans sa politique étrangère. Ce repositionnement vise à accroître son influence internationale et à jouer un rôle de médiateur clé dans le processus de paix, tout en équilibrant ses relations avec Israël. Cependant, ce chemin reste semé d'embûches, et la France devra gérer avec soin les multiples tensions internationales pour réussir à s'imposer comme un acteur de paix crédible et respecté. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!