Une sordide affaire éclabousse l'administration régionale du ministère de l'Habitat à Casablanca. Des fonctionnaires y ont débusqué des caméras de surveillance disposées illégalement dans des toilettes pour femmes et d'autres endroits. «Dans un document officiel, la Fédération nationale de l'Habitat de la région de Casablanca-Settat a alerté les autorités sur ces pratiques, qualifiant cet acte de criminel», rapporte le journal Assabah ce mercredi 15 octobre. Cette grave atteinte à l'inviolabilité du corps humain et au droit fondamental à la vie privée traumatisera longtemps les femmes qui ont fréquenté ces lieux. Qui a installé ce dispositif ? Qui en a donné l'ordre et pour quel usage ? Les investigations le détermineront, avant que les lourdes sanctions s'abattent. Ce système de surveillance d'une perversité sans nom ne se borne pas aux sanitaires, une pléthore de caméras orientées vers la salle de réunion et trois couloirs ont été découvertes. Tout le système est connecté au téléphone portable d'un responsable. On répète que cette installation dépasse le cadre légal de la surveillance et viole tous les principes de la protection des données personnelles. L'absence de de mention légale et de numéro de série réglementaire suffisent à établir l'infraction. La Fédération a brandi l'article 24 de la Constitution, lequel assure à chaque citoyen le droit à la protection de sa vie privée. Les plaignants martèlent que ces actes transgressent la loi n° 09-08 sur la protection des données personnelles, piétinent les principes de légitimité et de proportionnalité. «La collecte d'images vidéo dans des toilettes ne saurait, en effet, être justifiée par un objectif légitime de sécurité et s'apparente à une exploitation illicite de données sensibles», cite le journal. La Fédération a demandé au ministère de tutelle une action urgente pour enlever immédiatement toutes les caméras portant atteinte à l'intimité et aux libertés individuelles des agents. La requête cible notamment les dispositifs installés dans des espaces qui ne relèvent pas de la sécurité publique, principalement les sanitaires et les couloirs internes, comme le stipule la législation en vigueur.
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