The liveblog has ended. No liveblog updates yet. La Tunisie marque un tournant agricole et industriel avec le retour de la culture du sucre local. A Jendouba, le ministère de l'Agriculture a donné le coup d'envoi officiel de la campagne 2025–2026 de semis de la betterave sucrière, sur une superficie estimée à 3 000 hectares. Cette initiative signe la reprise de la production du sucre tunisien au sein du complexe GINOR Ben Bechir, unique usine nationale spécialisée dans la transformation de la betterave sucrière, après un arrêt de deux ans. Une relance stratégique pour la souveraineté alimentaire La réactivation de GINOR s'inscrit dans une stratégie visant à réduire la dépendance du pays aux importations de sucre raffiné, dont la facture pèse lourdement sur les finances publiques. Avec une production prévue de 19 000 à 22 500 tonnes de sucre blanc, la Tunisie couvrira une part non négligeable de sa consommation nationale tout en réalisant une économie annuelle estimée entre 12 et 16 millions de dollars en devises. Cette relance permettra également de sécuriser les approvisionnements du secteur agroalimentaire (confiserie, boissons, boulangerie) et d'atténuer les effets des fluctuations du marché international. Une filière complète et porteuse La betterave sucrière offre une chaîne de valeur diversifiée. Outre le sucre, ses coproduits — notamment la pulpe riche en fibres et la mélasse — seront valorisés dans la production de levure, d'aliments pour bétail et de biocarburants. Les résidus organiques issus du processus industriel pourront également servir à la production de biogaz, contribuant ainsi à la transition énergétique. Sur le plan agronomique, cette culture améliore la fertilité des sols grâce à ses racines profondes et s'intègre parfaitement dans la rotation céréalière. Elle favorise la diversification agricole, limite les maladies du sol et renforce la durabilité des exploitations. Un levier pour l'emploi et l'économie régionale La remise en activité de l'usine GINOR aura un impact direct sur l'économie locale. Des centaines d'emplois seront générés, tant dans la production agricole que dans les services associés : transport, maintenance, logistique et distribution. Cette dynamique profitera à toute la région du Nord-Ouest, en particulier à Jendouba, Boussalem et Ghardimaou, où les exploitations agricoles bénéficieront d'un revenu stable et de contrats de vente garantis avec l'usine. Une filière exigeante mais prometteuse Pour assurer la réussite de cette campagne, les autorités insistent sur une organisation logistique rigoureuse : la betterave doit être livrée à l'usine dans les 24 à 48 heures suivant l'arrachage afin de préserver sa teneur en sucre. Des points de collecte et de transport seront aménagés pour fluidifier la chaîne. Des contrats transparents entre producteurs et GINOR préciseront les prix, la qualité attendue et les délais de paiement. Le ministère prévoit également un accompagnement technique (semences, irrigation raisonnée, suivi agronomique) pour viser un rendement moyen d'environ 80 tonnes /hectare et une richesse moyenne de 17 %. À l'échelle des 3 000 ha, cela représente un potentiel d'environ 30 000 tonnes de sucre blanc, soit une économie d'importation estimée autour de 60 millions de dinars (≈ 20 millions de dollars). Un pari sur la durabilité et la compétitivité Le retour de la betterave sucrière n'est pas seulement un projet industriel, mais un signal fort de résilience économique et écologique. En produisant localement un bien stratégique, la Tunisie réduit sa vulnérabilité externe, valorise ses ressources naturelles et modernise son agriculture. Avec une exécution rigoureuse — notamment sur le plan logistique, énergétique et contractuel —, la filière pourrait redevenir un pilier industriel et agricole national, capable d'amortir les chocs internationaux et de redonner confiance aux producteurs tunisiens. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!