The liveblog has ended. No liveblog updates yet. Le projet colossal de pont entre la Sicile et le continent italien, évalué à 13,5 milliards d'euros, vient de subir un sérieux revers. La Cour des comptes italienne a refusé de valider la décision gouvernementale autorisant le lancement de ce chantier emblématique, invoquant des incertitudes budgétaires et environnementales. Dans une note officielle publiée mercredi, la Cour indique ne pas avoir approuvé le visa ni l'enregistrement de la délibération ministérielle datant d'août, qui validait la construction du plus long pont suspendu du monde. Le projet vise à relier Messine (Sicile) à Reggio de Calabre (sud de l'Italie) via une infrastructure capable de résister aux vents violents et aux tremblements de terre. Un projet contesté pour son coût et son impact Présenté par le gouvernement de Giorgia Meloni comme un symbole de la puissance industrielle italienne, le pont de Messine est vivement critiqué pour son coût jugé excessif et ses conséquences écologiques. Plusieurs experts et ONG dénoncent un risque majeur pour la biodiversité marine du détroit, ainsi que pour les équilibres économiques d'un pays déjà lourdement endetté. La Première ministre italienne n'a pas tardé à réagir, dénonçant une "ingérence des juges dans les choix politiques". « Sur le plan technique, les ministères concernés ont répondu à toutes les observations formulées par la Cour », a déclaré Giorgia Meloni dans un communiqué, évoquant une entrave au pouvoir exécutif. Elle a également menacé d'accélérer la réforme constitutionnelle de la justice et celle de la Cour des comptes, actuellement en discussion au Sénat, qu'elle qualifie de "réponse appropriée à cette ingérence intolérable". La colère du gouvernement, la satisfaction des écologistes Le vice-Premier ministre Matteo Salvini, également ministre des Infrastructures, a qualifié la décision de la Cour de "grave préjudice pour le pays", estimant qu'il s'agit d'un choix politique plutôt que d'un jugement technique impartial. « Nous sommes déterminés à explorer toutes les voies possibles pour lancer les travaux. Nous avançons », a-t-il martelé sur X (ancien Twitter). À l'opposé, les écologistes et l'opposition de gauche ont salué ce blocage comme une victoire de la légalité. Le député Angelo Bonelli, de l'Alliance Verts et Gauche, a félicité « une victoire du droit sur la démesure politique », ajoutant que "Salvini a pris le pays en otage et doit démissionner". Une bataille politico-économique ouverte La Cour des comptes doit publier avant fin novembre les motivations officielles de sa décision. Malgré tout, le gouvernement italien pourrait poursuivre le projet, déjà engagé dans la phase de recrutement des ouvriers pour un démarrage des travaux prévu à l'automne. Dans un rapport antérieur, la Cour avait déjà pointé un "déséquilibre flagrant" dans la répartition des investissements publics, trop centrés sur le pont au détriment d'autres infrastructures prioritaires. Ce pont suspendu de 3,3 kilomètres, censé relier deux régions historiquement marginalisées, divise profondément l'Italie : pour les uns, c'est une promesse de modernisation et d'unité nationale ; pour les autres, un gouffre financier et un désastre écologique en devenir. Abonnez-vous à la newsletter quotidienne Tunisie Numérique : actus, analyses, économie, tech, société, infos pratiques. Gratuite, claire, sans spam. Chaque matin Veuillez laisser ce champ vide Vous vous êtes bien abonné.e à notre newsletter ! Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!