The liveblog has ended. No liveblog updates yet. Lors de la 7e édition des Rencontres d'Affaires Tunisie–France, organisée le 28 octobre 2025 à Paris par Business France et ses partenaires, Hatem Zaara, Directeur général de la Banque Tuniso-Libyenne (BTL), a livré une intervention remarquée sur le rôle stratégique de la diaspora tunisienne et la nécessité d'une alliance bancaire entre les deux rives de la Méditerranée. Selon le Directeur Général de la BTL, la diaspora représente 50 % des transferts francophones depuis la France et constitue un levier essentiel pour dynamiser les échanges économiques et industriels entre les deux pays. Mais pour que ce potentiel se transforme en croissance durable, Hatem Zaara a insisté sur une condition clé : « Il n'y a pas de codéveloppement sans cofinancement ». Une limite structurelle du financement bancaire en Tunisie Zaara a tenu à rappeler la principale contrainte qui freine l'investissement productif de la diaspora : « Une banque en Tunisie ne peut accompagner sa diaspora qu'en matière de crédit de gestion, pas en matière de crédit d'investissement lors de la création de l'entreprise ; mais possible seulement lors des extensions », a-t-il précisé. Cette limitation empêche de nombreuses initiatives de se concrétiser. De nombreux Tunisiens résidant en France souhaitant créer ou étendre une activité en Tunisie doivent recourir à leurs fonds propres, faute de mécanismes de financement adaptés. Le Directeur général de la BTL a également souligné que, du côté français, les banques n'encouragent pas suffisamment les investisseurs français ou binationaux à développer leurs activités en Tunisie : « Si un entrepreneur français souhaite investir en Tunisie, sa banque ne l'accompagnera pas. Il y ira avec ses propres moyens. C'est une réalité qui freine l'investissement bilatéral », a-t-il expliqué. Or, ce levier d'autofinancement n'est pas à la portée de la majorité des PME de la diaspora, souvent dépourvues de capitaux suffisants pour lancer ou consolider leurs projets. Cette contrainte les prive d'opportunités de développement, d'innovation et de création d'emplois, alors même qu'elles pourraient constituer un moteur essentiel du commerce et de l'investissement bilatéraux entre la Tunisie et la France. Pour un mécanisme de cofinancement franco-tunisien Pour Hatem Zaara, l'avenir du partenariat économique entre la Tunisie et la France passe par la mise en place d'un mécanisme bancaire conjoint, où chaque partie prend le relais de l'autre : Les banques tunisiennes, a expliqué Hatem Zaara, se heurtent à une contrainte structurelle : elles ne peuvent pas financer directement des projets sur le sol français. Cette limite réglementaire, inhérente au cadre bancaire actuel, freine les ambitions de nombreuses entreprises tunisiennes désireuses de s'internationaliser. « C'est pourquoi nous demandons aux banques françaises de prendre le relais. C'est là que la collaboration prend tout son sens », a plaidé le Directeur général de la BTL, soulignant qu'un partenariat bancaire effectif entre les deux rives serait un véritable levier de codéveloppement. Si cette coopération bancaire bilatérale venait à se concrétiser, les banques tunisiennes pourraient jouer un rôle stratégique d'identification et de préparation des dossiers d'entreprises à fort potentiel souhaitant s'étendre en France. Elles deviendraient ainsi un réservoir de projets qualifiés, prêts à être financés par leurs homologues françaises. « Ce serait, en quelque sorte, un cadeau de clients solides, structurés et ambitieux, que les banques tunisiennes offriraient à leurs partenaires françaises », a illustré Hatem Zaara, ajoutant que ce mécanisme permettrait de créer une chaîne de valeur commune, fluidifiant le passage des investisseurs tunisiens vers le marché européen tout en sécurisant les opérations de part et d'autre. Pour le banquier, un tel dispositif constituerait une étape décisive vers un véritable écosystème de cofinancement, où chaque établissement — tunisien ou français — aurait un rôle complémentaire dans l'accompagnement des entreprises et de la diaspora. Ce modèle de cofinancement "in & out" permettrait de soutenir à la fois les Tunisiens implantés en France désireux de s'étendre dans leur pays d'origine, et les entreprises tunisiennes souhaitant se développer sur le marché européen. Il s'agit, selon Hatem Zaara, d'une logique gagnant-gagnant fondée sur une même ambition : le codéveloppement industriel et économique durable. Créer des champions tunisiens à l'international L'objectif, a-t-il poursuivi, est de faire de la Tunisie le premier investisseur africain en France — un statut qu'elle détient déjà — mais aussi d'aller plus loin : « Nous voulons créer des champions tunisiens en France et dans le monde. La diaspora pourrait être le véritable catalyseur de cette montée en nombre et en taille ». Hatem Zaara a insisté sur la nécessité d'un cadre juridique clair, de fonds de soutien adaptés et d'un accompagnement sur mesure des entreprises tunisiennes à l'étranger. Il appelle à une coopération accrue entre les banques, Business France, la FIPA (Agence de Promotion de l'Investissement Extérieur) et les acteurs économiques bilatéraux, afin de faire évoluer les mécanismes existants et de répondre aux besoins réels des investisseurs. La diaspora, catalyseur du futur partenariat Pour conclure, Hatem Zaara a rappelé que la diaspora ne représente pas seulement un lien culturel ou sentimental entre la Tunisie et la France, mais bien un acteur économique stratégique. « Nous devons raisonner à la fois in et out : des Tunisiens de l'étranger qui investissent en Tunisie, et des entrepreneurs tunisiens qui démontrent leur savoir-faire à l'international et passent à l'échelle supérieure », a-t-il déclaré. Le message est clair : le codéveloppement n'est pas un slogan, mais une stratégie économique exigeant des outils concrets — cofinancement, coopération bancaire et cadre institutionnel renforcé — pour bâtir un avenir partagé entre la Tunisie, la France et sa diaspora.
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